Quelques jours au paradis malaisien – l’île Tioman

Quelques jours au paradis malaisien – l’île Tioman

Quelques jours au paradis malaisien – l’île Tioman

Les eaux de la mer de Chine méridionale sont agitées ce samedi matin et notre bateau tangue doucement. On vient de quitter Mersing, sur la côte est de la Malaisie et nous en avons pour deux heures de trajet. L’eau s’infiltre à bord de la cabine du ferry et le roulis nous rend tous malades. Heureusement, nous savons que le paradis est tout proche ; une île sauvage aux milles charmes vantée par tous les guides de voyageurs : l’île Tioman.

Les abords sauvages de l’île Tioman

La plage de Genting

François, Cannelle et moi-même débarquons à Genting, l’un des huit petits villages de l’île volcanique. Celle-ci est recouverte à 99% par la jungle et ses villages sont situés sur la côte ouest de Tioman, entourés et séparés entre eux par la forêt dense qui se déroule sur la pente du volcan.

Sur Tioman, il n’y a ni routes ni voitures. Nous choisissons de dormir dans l’un des villages du sud de l’île et prévoyons de prendre le bateau-taxi pour visiter les sept autres. Nous déchantons vite car nous découvrons que les prix du bateau sont exorbitants. Le village principal de Tioman se situe 15 kilomètres au nord et quelques sentiers pédestres relient les villages entre eux. Nous envisageons donc de faire les trente kilomètres aller-retour à vélo pour visiter l’île. Après quelques recherches, nous constatons qu’il n’existe aucune location de vélo sur l’île.

Nous sommes donc condamnés à rester sur Genting. Notre séjour d’une semaine à Tioman va être donc fait d’une longue farniente autarcique dans ce décor idyllique. 

Genting c’est une jetée, trois ou quatre restaurants le long du débarcadère, quelques bars et deux magasin. Une sente de béton part vers le nord et les maisons, quasiment toutes des hôtels et maisons d’hôtes, sont construites de part et d’autre. En dehors de cette ligne habitée, il n’y a rien. 

Bien que nous soyons mi-juillet, en saison sèche et donc en pleine saison touristique, l’île de Tioman n’est pas envahi part les hordes de touristes qui lui préfèrent les îles Perhentian, plus au nord de l’archipel. Genting est, quant à lui, complètement épargné par le tourisme de masse puisque les lieux semblent déserts lorsque nous y débarquons. Nous sommes presque seuls dans notre hôtel et n’avons absolument aucun problème pour trouver de la place au petit restaurant central. Un vrai paradis pour qui recherche le calme et la tranquillité.

Pour l’anecdote, nous arrivons sur l’île en pleine coupe du monde de football. La finale est dans deux jours et la France joue contre la Croatie. Nous pensions trouver un bar ouvert et rempli de monde pour voir le match et fêter l’éventuelle victoire jusqu’au bout de la nuit. Nous déchantons très vite car un seul hôtel vient d’installer un écran près de son bar et la foule n’est constituée que de sept français dont nous trois et de quatre Malaisiens supporters de la Croatie : grand souvenir. Ce fut la victoire et… au lit !

farniente et couchers de soleil sur la plage de Genting

De très nombreux hôtels sont construits tout autour de l’île. Certains sont très luxueux et modernes et d’autres, comme celui que nous avons choisi – le Bayu Tioman Chalet – beaucoup plus spartiates. Le confort est rudimentaire et la douche d’eau froide ne marche quasiment pas ; mais rien ne vient pourtant entacher le décor paradisiaque de notre petite plage. Le palmier penché au bord de l’eau, les balançoires suspendues aux ficus, les pieds dans le sable brûlant dès la sortie du chalet, la vue sur le volcan lorsque nous sommes dans l’eau chaude, les soleils couchants… C’est l’aspect authentique d’une cabane de Robinson Crusoé au bord de l’eau que nous cherchions, et nous l’avons trouvé.

Notre hôtel – le Bayu Tioman Chalet

Si Genting a la chance d’être préservé du tourisme de masse, compte peu de gros hôtels et de surfaces bétonnées et offre encore ces images incroyables, ce n’est malheureusement pas le cas des autres villages de l’île. 

A gauche – Maison traditionnelle préservée à Genting
A droite – Hôtels authentiques tout en bois

Un après-midi, nous décidons de nous enfoncer dans la jungle afin de rejoindre, via le sentier de randonnée, le village de Paya, situé 4 kilomètres au nord. Celui-ci est touristique et de gros établissements y sont construits à destination d’une clientèle majoritairement asiatique. Les randonnées dans la jungle ne doivent pas être nombreuses tant la sente bétonnée est mal entretenue. Certaines portions s’effondrent, d’autres sont envahies par la végétation. Le principal attrait de l’île, nous le comprenons, n’est pas la randonnée et les touristes ne marchent pas, d’où l’absence d’entretien des quelques sentiers existants. 

Le sentier de randonnée entre Genting et Paya. Tantôt bétonné et aménagé, tantôt totalement sauvage

Notre visite de Paya est expéditive. A l’image d’autres lieux très touristiques que nous avons visités en Asie, ce village est ultra bétonné et tout est fait pour faciliter la vie des touristes-clients. De gros restaurants et des magasins, entourés par d’imposants hôtels sur plusieurs étages. Une question se pose alors : quid des déchets liés au tourisme ?

Les hôtels de Paya

Les zones habitées de Tioman sont très restreintes et la jungle est tellement abondante sur les versants de l’île qu’il est compliqué pour les habitants et tenanciers d’aller cacher les déchets du tourisme loin des regards. Au « bout » de chaque village, là où la forêt commence, se trouve donc la « zone poubelle », à la vue de tous.

Lorsque nous débouchons depuis la jungle sur le village de Paya, nous surplombons la plage et trois gros conteneurs devant lesquels s’amoncellent les restes de papiers et morceaux de plastique carbonisés. Il n’y a en effet aucun autre moyen que d’incendier les déchets pour les faire disparaître. Nous restons désabusé devant ce plastique brulé sur la plage, à deux pas de la mer et de ses récifs coralliens réputés. Nous comprenons pourquoi la randonnée dans la jungle n’est pas pratiquée et nous supposons qu’elle ne doit même pas être proposée par l’agence touristique locale.

Il en va de même à Genting puisque le bout de la sente de béton est une décharge de planches, matériaux de construction en tout genre, abandonnés sous le soleil…

C’est étonnant de constater – et ce n’est pas la première fois que nous nous faisons la remarque – que les touristes ne sont pas vraiment curieux, ne randonnent pas, ne marchent pas, ne vont pas plus loin que la place centrale du village, l’espace qu’on leur dévoue, et donc qu’il n’est même pas besoin de cacher ces dégâts anti-écologiques. C’est assez paradoxal lorsque l’on voit les panneaux de prévention à l’adresse des touristes : « Vous êtes maintenant dans le parc marin de Malaisie. Ne déposez aucun déchet polluant ! ».

La plage de Paya et ses déchets

Au bout de la plage de Genting

La visite du village de Paya est rapide. Le béton abondant fait disparaitre l’aspect d’un village malaisien traditionnel. Nous repassons donc rapidement les deux petites planches de bois posées sur des déchets et d’où s’échappent quelques varans et rejoignons notre hamac beaucoup plus authentique. . .

Varan dans les déchets

Tioman est connue pour ses récifs et ses plongées sous-marine. Une sortie nous permet d’admirer les vues sur l’île depuis la mer, et de plonger pour observer les poissons et les requins qui abondent en ces eaux tropicales. Même s’il fait très beau, l’eau est sablonneuse et notre guide nous fait plonger sous le ponton de la marina du village principal de Tioman. Ce n’est pas la sortie la plus sauvage mais nous voyons des bans impressionnant de poissons attirés par les coques des bateaux juste au-dessus d’eux.

Plus loin de la côte, nous approchons un petit îlot rocheux protégé nommé Pulau Rengis. Miracle de la nature, un courant marin tourne autour de l’îlot et permet d’en faire le tour sans bouger. C’est un moyen très pratique d’observer les poissons et coraux sans trop d’effort. Gare néanmoins au coup de fatigue tant le courant est parfois puissant. Certains plongeurs ratent leur bateau, sont dans l’incapacité de nager pour le rattraper et doivent refaire un tour. L’attrait de cette plongée est la présence de requins coralliens impressionnants mais paraît-il inoffensifs. Cannelle, peu rassurée, a vu un bébé – un beau et gros bébé… je n’ai pour ma part pas eu envie de me faire quelques frayeurs.

L’îlot de Pulau Rengis

Malgré quelques images attristantes, Nous conservons un joli souvenir de l’île Tioman ; Une semaine de relaxation, dans le village de Genting préservé du tourisme de masse, à manger de succulents Rôti Canai – galette traditionnelle malaisienne – à rester pensif devant des couchers de leil plus beau les uns que les autres et à oublier la folie furieuse du mondial de football.

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