Ces animaux que nous avons vus sur la côte est…
Australie Sites naturels

Ces animaux que nous avons vus sur la côte est…

Lors de notre road trip le long de la côte est, nous avons eu la chance d’observer différents animaux que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde.

 

Pourquoi y a-t-il tant d’espèces endémiques en Australie ?

L’Australie est une île, qui à l’origine était rattachée au supercontinent Gondwana. Celui-ci a commencé à se scinder il y a environ 140 millions d’années. C’est au cours du Crétacé, il y a 50 millions d’années, que l’Australie s’est complètement détachée du reste de ce continent et a dérivé vers le nord-est. Ainsi isolées, sa faune et sa flore se sont développées jusqu’à acquérir une certaine singularité.

 

Supercontinent Gondwana

 

Des changements climatiques importants ont aussi contribué à rendre la faune et la flore uniques : ces dernières ont été contraintes de s’adapter à la désertification de l’intérieur de l’île ainsi qu’à l’apparition d’un climat tropical au nord-est, accentuant ainsi leur singularité et leurs particularités.

Aujourd’hui, 83 % des mammifères qui vivent en Australie sont endémiques, tout comme 89 % des reptiles et 90 % des poissons et des insectes[1]. Lorsque l’on est étranger, on peut donc croiser énormément d’animaux qui nous sont complètement inconnus et dont on n’a jamais entendu parler.

 

 Quelles sont les principales menaces pour ces espèces ?

C’est l’homme qui, par son action de chasse et de destruction des habitats, est la principale menace pour les animaux. En Australie, la colonisation de la fin du XVIIIe siècle a eu un impact sur l’environnement de l’île : les colons ont bâti des villes, construit des routes, exploité les ressources du continent. C’est par leurs actions qu’ils ont contribué à mettre en danger voire même faire disparaître des espèces.

Un autre problème majeur vient des espèces dites invasives, qui ont été importées volontairement ou non en Australie. On peut citer par exemple les dromadaires, les renards ou encore les chats, qui sont accusés de détruire la faune et la flore de l’île. En janvier 2017, le gouvernement australien a annoncé qu’il faudrait abattre 2 millions de chats sauvages d’ici 2020[2]. Introduits par les colons pour se débarrasser des souris, les chats sont tenus pour responsables de la disparition d’une trentaine d’espèces endémiques, principalement de petits mammifères.

Aujourd’hui, on estime que sur 273 espèces de mammifères terrestres endémiques recensés en Australie, environ 10 % se sont déjà éteintes. La pollution, le réchauffement climatique ou encore l’agriculture et la déforestation constituent encore d’autres menaces pour la faune et la flore.

 

Comment sont protégées la faune et la flore ?

L’IUCN – The International Union for Conservation of Nature – est une ONG internationale consacrée à la conservation de la nature. Elle est présente dans plus de 50 pays, même si 190 pays participent à ses congrès mondiaux. Son rôle est d’influencer et d’aider les pays du monde entier à lutter pour la sauvegarde de la nature et pour l’utilisation raisonnée des ressources naturelles. Si le siège social se trouve en Suisse, la Fondation de l’IUCN a eu lieu en France, à Fontainebleau, en 1948.

L’IUCN publie une liste rouge des espèces menacées et en voie de disparition, animales et végétales, et a établi un classement utilisé partout dans le monde. Chaque organe régional établit lui-même sa liste rouge régionale en reprenant ce classement, c’est le cas de la France et de l’Australie.

Le classement de la menace est hiérarchisé. D’abord les espèces pour ainsi dire non menacées :
LC – Préoccupation mineure
NT – Espèce quasi menacée

Viennent ensuite les espèces menacées d’extinction :
VU – Vulnérable
EN – En danger
CR – En danger d’extinction critique

Pour finir, les espèces éteintes :
EW – Eteint à l’état sauvage
EX – Eteint

Deux autres catégories existent :
DD – Données insuffisantes
NE – Non évalué

 

L’Australie a mis en place en 1999 une loi fédérale, le Environment Protection and Biodiversity Conservation Act, pour protéger et gérer la faune, la flore et les sites patrimoniaux de l’île et prévoir la protection des espèces menacées. Chaque Etat et chaque Territoire a sa propre liste d’espèces menacées.

En 2016, ce sont 17 % du territoire terrestre et 36 % du territoire maritime de l’Australie qui sont classés sous une forme de protection quelconque.

 

Quelques animaux endémiques de la côte est…

Certains peuvent se révéler difficiles à observer dans leur milieu naturel. A chaque fois, nous avons préféré les chercher dans la nature et les observer de loin. Nous n’avons jamais eu d’interactions d’aucune sorte avec eux. On vous présente ici cinq espèces qui nous ont marqués.

 

Les kookaburras, préoccupation mineure

Le kookaburra est un oiseau endémique de la côte est de l’Australie, mais il a aussi été introduit en Australie-mériodionale et en Nouvelle-Zélande.

Ce martin-chasseur se nourrit de petits rongeurs et produit des pelotes de réjection, comme les chouettes. Il est possible de distinguer mâles et femelles en observant leurs plumes : les mâles possèdent des plumes bleues sur la queue que les femelles n’ont pas.

 

 

Les kookaburras se mettent en couple pendant la saison des amours et restent fidèles toute leur vie. La femelle pond en général trois œufs et les oisillons sont élevés par le couple. Les petits portent un crochet sur leur bec leur permettant de briser leur coquille mais aussi de tuer leurs frères et sœurs s’il n’y a pas assez de nourriture pour tout le monde.

Le kookaburra est un oiseau très important pour les Aborigènes. D’après les légendes du Temps du Rêve, l’Ancêtre Créateur créa le premier lever de soleil en allumant un grand feu dans le ciel et demanda à Kookaburra de prévenir tous les autres habitants en poussant un grand cri. Depuis ce temps, le kookaburra chante tous les matins pour annoncer le lever du soleil.

 

Les ornithorynques (platypus), espèce quasi menacée

Le physique particulier de cet animal l’a conduit à devenir l’un des symboles de l’Australie. Il est ainsi représenté sur le verso de la pièce de monnaie de 20 centimes.

 

 

L’ornithorynque est endémique de la côte est de l’Australie et également présent en Tasmanie. C’est un mammifère appartenant à l’ordre des monotrèmes, le seul ordre de mammifères qui pond des œufs. Les mâles ont également la particularité d’être venimeux : leurs pattes postérieures possèdent un aiguillon.

L’ornithorynque est un animal semi-aquatique qui vit dans les cours d’eau, où il passe environ 12 heures par jour à chasser. Il doit se nourrir tous les jours de l’équivalent de 20 % de son poids. Il dort dans un terrier qu’il creuse sur les berges des cours d’eau.

 

 

Ce sont de petits animaux, de 40 à 50 cm de long. Dans l’eau, il est assez simple de les observer étant donné qu’ils ne peuvent pas retenir leur respiration très longtemps. Ils sont obligés de remonter à la surface toutes les 30 à 45 secondes pour respirer. Le fait selon lequel les ornithorynques sont plus actifs à l’aube et au crépuscule est erroné, ce ne sont pas des animaux nocturnes. Nous avons pu en observer une petite dizaine dans les Atherton Tablelands, dans le lac Tarzali, en pleine journée.

 

Les kangourous arboricoles (tree kangaroos), espèce quasi menacée

Les kangourous arboricoles (aussi appelés dendrolagues) sont des macropolidés, comme les kangourous et les wallabys, mais ils ont la particularité de vivre dans les arbres. On les trouve au nord-est de l’Australie ainsi qu’en Nouvelle-Guinée. Leur queue est plus longue pour leur donner un meilleur équilibre et ils sont capables de se déplacer en marchant, à la différence des kangourous et des wallabys qui ne font que sauter. Ils se nourrissent de feuilles, de fruits, d’écorces, de fleurs et de graines voire même d’œufs.

 

 

Les observer à l’état sauvage est assez compliqué en Australie parce qu’ils vivent hauts dans les branches. Nous n’en avons vus qu’à la plantation de thé Nérada sur le plateau d’Atherton. La plantation possède une « aire de conservation » où vivent six kangourous arboricoles. Ces derniers sont complètement sauvages et peuvent aller et venir à leur guise. La délimitation de l’aire ne concerne en fait que les visiteurs, qui n’ont pas le droit d’y entrer mais peuvent juste regarder les kangourous de loin.

 

Les koalas, vulnérables

Les koalas vivent uniquement sur les côtes est et sud de l’Australie. Ce sont des marsupiaux, de la même famille que les kangourous. Ces petits mammifères passent entre 18 et 20h par jour à dormir dans les eucalyptus. Grâce à leurs pattes pourvues chacune de deux doigts, ils peuvent facilement grimper et s’accrocher aux arbres pour manger et dormir. Ce sont d’ailleurs les seuls animaux qui possèdent, comme les humains, des empreintes digitales.

Leur régime alimentaire est uniquement composé de feuilles d’eucalyptus, les koalas ne boivent jamais d’eau. C’est cette alimentation très pauvre qui explique qu’ils doivent dormir beaucoup : ils économisent leur énergie.

 

 

Nous avons eu la chance de les observer sur Magnetic Island, au large de Townsville, dans le nord du Queensland. C’est en effet là que se trouve la plus grande colonie de koalas sauvages, introduits sur l’île dans les années 1930.

A Port Macquarie se trouve également le premier hôpital de koalas au monde. Créé en 1976, l’hôpital recueille et soigne des koalas blessés par des chiens, heurtés par des voitures, brûlés par des feux de forêts ou tout simplement atteints de maladies. Les koalas sont ensuite remis en liberté lorsque c’est possible. La visite de l’hôpital est gratuite, l’établissement ne fonctionnant que grâce à ses bénévoles et aux dons des visiteurs. On peut y voir les koalas en rétablissement ainsi que ceux qui ont été blessés trop grièvement pour être relâchés et qui ne peuvent plus survivre seuls dans la nature.

 

 

Il faut souligner qu’aujourd’hui le koala est une espèce menacée. Les populations de koalas ont chuté de 30 à 40 % ces vingt dernières années. La raison ? La destruction de leur habitat, les forêts d’eucalyptus, qui ne sont pas protégées par la législation australienne.

Les quatre États australiens possédant des populations de koalas sauvages ont chacun une législation différente. On compte le Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud, le Territoire de la Capitale australienne et l’Australie méridionale. Les conseils locaux n’ont bien souvent pas assez de fonds pour mettre en place une gestion efficace des eucalyptus. Ils font aussi face à une grande pression des industriels qui souhaitent développer et urbaniser les terres. Les eucalyptus ne sont pas des arbres protégés, on peut les couper sans s’exposer à des poursuites.

Malgré tout, le gouvernement a reconnu en 2012 que les koalas du Queensland, de la Nouvelle-Galles du sud et du Territoire de la Capitale australienne sont des animaux vulnérables. Dans certaines régions, quelques populations individuelles de koalas sont considérées comme menacées. Mais il ne suffit pas de le reconnaître, encore faut-il créer des lois plus fortes pour protéger les eucalyptus et laisser les koalas vivre dans leur environnement naturel.

 

Au cours de notre road trip sur la côte est, nous avons vu à plusieurs reprises des publicités pour des « sanctuaires » d’animaux mettant en avant le fait qu’on pouvait, pour quelques dizaines de dollars, tenir un koala dans ses bras et se faire photographier avec. Pour notre part, nous n’avons jamais voulu nous arrêter dans l’un de ces parcs (je pense notamment au Lone Pine Sanctuary, près de Brisbane). Les animaux ne sont pas des jouets, et ne servent en aucun cas à nous divertir. Ce genre de pratiques où les animaux sont maintenus en captivité et exploités à des fins touristiques est tout simplement honteux. Si vous aimez les animaux, respectez-les en allant les observer de loin dans la nature ! Les koalas ne sont pas faits pour être portés par des dizaines de personnes chaque jour et se faire prendre en photo, ce sont des animaux sauvages. Par ailleurs, lors de notre visite au Koala Hospital de Port Macquarie, il nous a bien été spécifié que les koalas ont peur des humains. En cas d’accident, il ne faut surtout pas essayer de porter un koala blessé, mais le laisser où il est et appeler les secours qui sauront le prendre en charge convenablement. Essayer de le prendre dans ses bras est le meilleur moyen de l’effrayer et se faire blesser.

 

Les casoars, vulnérables

Le casoar – cassowary en anglais – est le plus gros oiseau du monde, pouvant mesurer jusqu’à 2 mètres de haut pour 100 kg. Il est aussi réputé être l’oiseau le plus dangereux du monde. Quand il attaque, il charge et saute pour donner un coup avec ses deux pattes en même temps. Il est capable d’éventrer un homme avec ses griffes. En Australie, il vit dans les forêts tropicales de la région de Cairns et il est recommandé de ne pas s’en approcher si on a la chance d’en croiser un, l’animal pouvant avoir un comportement imprévisible et agressif.

Aujourd’hui, c’est en effet une chance d’en apercevoir dans la nature, étant donné que l’espèce est en voie d’extinction et ne compte plus que quelques milliers d’individus répartis entre l’Australie, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

 

Ces oiseaux vivent dans les forêts humides et jouent en fait un rôle primordial pour la jungle. Ils se nourrissent de fruits et de graines qu’ils avalent tout rond et rejettent dans leurs excréments, ce qui permet de disperser les plantes et de contribuer au bon développement de la forêt.

Les casoars sont territoriaux et vivent en solitaire. Cependant, les femelles priment : un mâle laissera toujours une femelle traverser son territoire, mais se battra avec un autre mâle. Ce sont les femelles qui choisissent le mâle avec lequel elles vont s’accoupler. Après la reproduction, elles pondent entre deux et cinq œufs d’une couleur vert olive qu’elles laissent ensuite aux bons soins du mâle. C’est lui qui va les couver puis élever les petits une fois que les œufs auront éclos, après une cinquantaine de jours.

 

 

Pour voir ces animaux impressionnants, il faut se rendre dans le nord-est du Queensland, dans la région de Cairns. Les parcs nationaux tels que le Paluma Range National Park, le Djiru National Park ou encore la Daintree Forest sont leurs habitats naturels. C’est dans les forêts autour de Mission Beach que se trouve la plus grande concentration de casoars de toute l’Australie : environ une centaine d’adultes. Nous n’avons pas eu la chance d’en voir lors des nombreuses randonnées que nous avons faites dans ces parcs (et ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché !). Mais il faut savoir qu’à Etty Bay, au nord de Mission Beach, des casoars sortent tous les jours sur la plage en quête de nourriture, et c’est là que nous en avons vu un. Nous eu aussi la chance d’en voir un autre sur le plateau d’Atherton, au Mont Hypipamee.

 

Il est bien sûr interdit de leur laisser de la nourriture ou de les nourrir d’une quelconque façon, mais de nombreux touristes qui cherchent à les voir le font malgré tout. Il faut savoir qu’une mauvaise alimentation peut entraîner leur mort et que les nourrir depuis sa voiture est très dangereux. Les oiseaux apprennent vite à associer voiture avec source de nourriture et fréquentent alors les routes où ils risquent vite d’être heurtés par des véhicules. Les casoars qui sont nourris régulièrement par des touristes deviennent très agressifs car ils attendent de tous les humains qu’ils croisent que ces derniers leur donnent à manger, ce qu’ils ne font pas forcément.

 

 

 

[1] Australia State of the Environment Report 2001. https://soe.environment.gov.au/sites/g/files/net806/f/soe2001.pdf?v=1487243878

[2] Caroline Taïx, « L’Australie s’apprête à abattre deux millions de chats », Le Monde. http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/01/18/la-guerre-de-l-australie-contre-les-chats-sauvages_5064391_3244.html

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