Découvrir la péninsule de Tasman : trek jusqu’au Cap Pillar
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Découvrir la péninsule de Tasman : trek jusqu’au Cap Pillar

La Tasmanie est réputée pour ses parcs naturels et leurs paysages somptueux. Pour découvrir un peu mieux la Péninsule de Tasman, située au sud-est de l’île, nous sommes partis en trek pendant deux jours. Notre objectif était d’atteindre le Cap Pillar et ses falaises vertigineuses qui offrent une vue prodigieuse sur l’île Tasman.

 

Les falaises le long de la randonnée jusqu’au Cap Pillar

 

Le départ se fait depuis Fortescue Bay. C’est d’ailleurs dans le camping de Fortescue que nous avons décidé de passer la nuit précédant le départ. Nous avons suivi l’itinéraire « classique », à savoir :
– Jour 1 : Fortescue Bay – Wughalee Falls Campsite – Cape Pillar – Wughalee Falls Campsite (24 km)
– Jour 2 : Whugalee Falls Campsite – Fortescue Bay (8 km)

On remarque d’emblée que les journées de marche sont complètement déséquilibrées, et c’est la principale difficulté du trek ! L’explication tient au fait qu’il n’y a plus qu’un seul camping ouvert aux randonneurs, Wughalee Falls. Autrement, le trek en lui-même ne présente pas vraiment de difficultés : le chemin est bien tracé et indiqué, il est impossible de se perdre. Et il n’y a pas énormément de dénivelé.

Il faut environ 2h depuis Fortescue Bay pour rejoindre le camping de Wughalee Falls. La randonnée monte en pente douce sur une bonne partie du trajet, mais ce n’est rien d’insurmontable. Le chemin s’enfonce dans la forêt de la péninsule : s’il n’y a rien d’exceptionnel à voir en termes de paysages, nous avons eu la chance de croiser deux kangourous, un échidné et un bon nombre de serpents.

 

La végétation à traverser pendant la première partie du trek

 

La partie de loin la plus difficile est celle qui descend jusqu’au camping. Pour arriver jusqu’aux plateformes en bois, il faut quitter le chemin principal et descendre une pente abrupte sur 850 mètres. C’est long et pénible, mais nécessaire : on a pu alors déposer nos affaires pour pouvoir continuer la suite du trek sans gros sac sur le dos.

Une fois notre campement installé, nous sommes repartis avec le strict nécessaire pour le reste de la marche : un pique-nique pour le déjeuner et de l’eau. Pour rejoindre le chemin, il faut remonter les 850 mètres et les deux grandes volées de marche. C’est vraiment la partie la plus physique, la suite est plutôt facile.

 

Notre campement

 

Après cela, il nous aura fallu environ trois heures pour parcourir les huit kilomètres qui nous séparent du cap. Environ 2 km après le camping, on quitte la Old Cape Pillar Walk pour entrer sur un chemin tout neuf, la Three Capes Walk. A partir de ce moment, le sentier est pourvu de platelages en bois plus ou moins longs sur lesquels il est très facile de marcher. Après un kilomètre de plus, on arrive à la Muson Hut, le chalet de luxe qui accueille les randonneurs de la Three Capes Walk.

 

Les nouveaux platelages de la Three Capes Walk

 

 

Le chalet

 

La Three Capes Walk est un concept nouveau en Tasmanie. Créé en 2015, il s’agit d’un trek de 46 kilomètres à parcourir en 4 jours. Jusque-là, rien de bien original. Mais les randonneurs doivent payer la modique somme de 495 $ pour pouvoir faire le trek ! Pourquoi une telle somme ? La Three Capes Walk est une marche limitée à 48 personnes par jour et qui allie marche dans la nature et confort. Le prix inclut trois nuits dans des chalets de luxe comportant des douches, des cabines privées ainsi que des salles communes et une cuisine équipée. Ainsi, les randonneurs n’ont pas besoin de porter leurs affaires de couchage ni leurs ustensiles de cuisine.

Pour la petite anecdote, lorsque nous sommes arrivés en vue du chalet, nous nous sommes extasiés devant son architecture et sa location au milieu de la forêt, avant de nous apercevoir qu’il ne s’agissait que des toilettes, placées à part ! Le véritable chalet se trouvait juste quelques dizaines de mètres plus loin. Construit entièrement en bois, l’abri offre un panorama à couper le souffle avec une terrasse qui se prolonge au-dessus de la mer.

 

La terrasse du chalet

 

Après avoir traversé le chalet, le chemin de randonnée continue sur à peu près deux kilomètres dans la forêt avant de déboucher enfin sur la mer. Ce sont les derniers kilomètres de marche qui sont de loin les plus beaux. Les falaises de dolérite paraissent d’autant plus vertigineuses qu’elles sont formées de piliers de pierre qui leur donnent cette forme élancée caractéristique, comme si elles avaient jailli directement de la mer. Le sentier offre aussi différents points de vue sur l’île Tasman, énorme rocher sur lequel on aperçoit encore un phare et trois maisons abandonnées.

 

Les falaises vertigineuses du cap Pillar

 

Vue sur l’île Tasman

 

Le dernier kilomètre est plus difficile : il faut d’abord descendre une longue volée de marches avant de pouvoir accéder à l’escalier qui grimpe tout en haut du Cap Pillar, sur la formation rocheuse nommée The Blade (La Lame). C’est depuis le sommet de ses piliers de dolérite que nous attend une vue à 360 degrés tout simplement époustouflante !

 

L’île Tasman depuis le haut de The Blade

 

Devant nous, l’île Tasman s’offre dans toute sa beauté. Autrefois recouverte d’une forêt, cette dernière a presque complètement disparu suite à la coupe des arbres pour le chauffage et à des incendies. Ne subsiste qu’une vaste plaine sur laquelle ont été érigés un phare, une station météorologique et quelques maisons. Ce phare, bien visible depuis le haut du Cape Pillar, est le dernier phare non automatisé à avoir été construit en Australie, et c’est aussi le plus haut du pays, la plaine culminant à plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La construction du phare démarre en 1904 mais est rendue difficile par le caractère très isolé de l’île et la mer souvent déchaînée empêchant d’y accoster. En 1905, le premier gardien du phare et ses deux assistants s’installent sur l’île et commencent à cultiver des légumes le temps que le phare soit mis en fonction, en 1906. C’est dans les années qui suivent que l’île est progressivement dénudée, les assistants ayant régulièrement pour tâche de couper du bois pour le feu. Du bétail est aussi transporté et élevé sur l’île, plus de 500 moutons, chèvres, cochons et bœufs.

La vie sur l’île n’est pas des plus simples, et les gardiens de phare et leurs familles tombent souvent malades dû à leur isolement. N’étant pas en contact direct avec d’autres personnes, ils n’ont pas l’occasion de développer des anticorps et il est dit que la grippe a emporté au moins un enfant.

Le phare – ainsi que la station météorologique – est finalement automatisé en 1976, et le dernier gardien quitte l’île en mai 1977. Dès lors, les bâtiments de l’île sont abandonnés et se détériorent rapidement avant d’être inscrits au Registre du Patrimoine tasmanien en 1980 puis au Registre du Patrimoine du Commonwealth en 2004. Depuis 2005, des volontaires travaillent à la restauration des bâtiments.

Depuis la Lame, la vue est impressionnante : il ne faut pas oublier que l’on se tient à plus de 300 mètres au-dessus du vide. Les falaises de dolérite du Cap Pillar et de l’île Tasman comptent d’ailleurs parmi les plus hautes du monde. Tout en bas, sur les grèves escarpées de l’île, on peut aussi entendre une colonie d’otaries qui s’ébattent dans l’eau.

 

Depuis les hauteurs des falaises…

 

Si l’on se retourne, on profite d’un panorama dévoilant toute la Péninsule de Tasman. A droite, le cap Hauy ; à gauche le cap Raoul. La vue plongeante sur la forêt et les côtes déchiquetées de la péninsule compte parmi les plus belles que nous ayons eu l’occasion de voir en Tasmanie.

 

La péninsule de Tasman depuis le Cap Pillar

 

Après de longues minutes passées à contempler pensivement ce spectacle, il est temps de repartir jusqu’au camping de Wughalee Falls pour y passer la nuit, avant de rentrer le lendemain à Fortescue Bay. C’est plein de légèreté que nous entamons la marche de retour, des images plein la tête et un large sourire satisfait collé au visage après ce que nous venons de voir.

 

 

 

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02 Comments

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    7 mai 2018 Répondre
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    8 mai 2018 Répondre

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