Le Queensland d’île en île – Magnetic Island

par Juil 25, 2017Australie0 commentaires

le Queensland, territoire du nord-est de l’Australie, n’est pas vraiment pourvu de bâtiments remarquables.  Sa réputation tient plutôt à son patrimoine naturel. Ce sont une quarantaine de jours que nous avons passés dans cette partie de l’Australie, plus précisément le long de la côte est du Queensland. Les paysages sont fabuleux et nos pérégrinations nous ont tantôt fait passer par les steppes arides du bush, tantôt par des montagnes verdoyantes, des falaises abruptes surplombant un océan déchaîné et des jungles tropicales luxuriantes, tantôt par des plages paradisiaques dignes de films d’aventures.

Nous voulons présenter dans une série d’articles des éléments très présents le long de la côte du Queensland : les îles.

Lors de notre road trip nous avons visité quatre îles très différentes réparties entre Brisbane et Townsville, sur environ 1400 kilomètres de côte. Nos quatre découvertes avaient leurs particularités. North Stradbroke Island et Magnetic island en bus et à pied sur une journée, Fraser Island en trek pendant trois jours, les Whitsunday Islands en croisière sur un voilier. Voici Magnetic Islanc.

Celle-ci a une histoire similaire aux autres îles que nous avons vues. Elle a cependant encore une fois ses particularités propres. Elle est déjà beaucoup plus petite que les autres, 8 kilomètres de long sur quelques 7 kilomètres de large.

La moitié de l’île est protégée par le Magnetic Island National Park. C’est au sud que l’on trouve le plus gros village, où arrive le ferry depuis Townsville, Nelly Bay.

Plan de Magnetic Island

Vue de Magnetic Island depuis Townsville

Une unique route d’une dizaine de kilomètres de long rejoint le nord de l’île et le village très touristique de Horseshoe Bay. Magnetic Island est entourée de 24 baies et certaines des plages les plus reculées, idylliques et sauvages que nous ayons pu voir. Nous noterons la sublime plage de Balding Bay, accessible par une marche de 30 minutes, et qui se révèle être une plage nudistes.

Arthur Bay

Magnetic Island tient son nom de James Cook, qui la découvre lors de son voyage en 1770. L’île aurait eu un effet magnétique sur les compas du capitaine… A l’origine, l’île se nomme Yunbenun et appartient au peuple aborigène Wulgurukaba. A la différence des autres îles, aucune réelle industrie ne s’est installée sur Magnetic Island au cours du XIXe siècle, les Aborigènes ont donc pu conserver leurs habitats et leur mode de vie traditionnels. Et ce jusqu’au tournant du XXe siècle. Magnetic Island, telle qu’elle l’est aujourd’hui, devient un lieu de résidence secondaire et de tourisme pour les habitants de Townsville. Le peuple Wulgurukaba est petit à petit chassé de cette terre et, dès 1920-1930, est forcé d’aller vivre en communautés sur le continent.

L’un des chemins de randonnée que l’on peut aisément emprunter, et qui mène à une incroyable vue à 300 degrés, se nomme « The Forts Walk ». Il permet de découvrir un pan de l’histoire de l’île. Le chemin circule en effet au milieu d’un camp militaire australien de la Seconde Guerre mondiale. On y découvre le reste des cuisines, de bunkers à munitions ou encore des latrines des officiers. Au sommet d’un mont, nous pouvons accéder à un bunker de surveillance bâti en béton sur un rocher.

Vue sur le camp militaire

La bunker de surveillance du camp militaire

Subsistent encore les emplacements circulaires des canons qui pouvaient tirer à plusieurs kilomètres dans la baie. Ce camp militaire a été créé en 1942 suite aux trois raids nocturnes japonais sur Townsville : les 26, 28, et 29 juillet 1942. Townsville et Magnetic Island devinrent d’ailleurs une base américaine avancée durant la guerre du Pacifique. Près de 70 000 soldats américains vivaient près de la ville, 40 bateaux de guerre étaient parqués à Horseshoe Bay. Pour la petite anecdote, pendant les trois dernières années du conflit, les canons de Magnetic Island ne tirèrent qu’à une seule reprise. Manque de chance, c’était sur un navire de l’US Navy qui ne s’était pas annoncé !

L’emplacement des canons

Magnetic Island fait penser à une île de films d’aventures. Elle est sans doute assez proche de celle qu’a du découvrir l’équipage de Flint dans l’île au trésor. D’une forme assez ronde, entourée par ses baies escarpées, dominée par un mont tropical, l’île est de formation volcanique, granitique et sablonneuse. Vingt-trois types de végétation y poussent : de la forêt tropicale (rainforest) aux palmiers et palétuviers de bords de plage, en passant par les plantes arides des coteaux. On y trouve aussi de nombreux fruits et des arbres à fleurs ; le jaune des fleurs de Kapok tranchant avec le vert des feuilles des eucalyptus.

Différentes végétations sur Magnetic Island

Si North Stradbroke a ses dauphins, Fraser a ses dingos, les Whitsunday ont leurs tortues, Magnetic Island a elle aussi sa population caractéristique : les koalas. En effet, l’île représente la plus grande concentration de koalas au monde. Ceux-ci vivent dans la forêt d’eucalyptus qui recouvre l’est de l’île. C’est sans doute l’une des seules chances pour les touristes de pouvoir admirer ces animaux à l’état sauvage. Une marche attentive et tranquille est toujours récompensée par l’observation de ces gentils dormeurs. Les koalas ont en fait été introduits sur Magnetic Island en 1932 pour les protéger des menaces qu’ils connaissaient sur le continent.

Un koala sauvage

Ce sont aussi les fameux rock-wallabies (wallabies de rochers) qu’on peut approcher au coucher du soleil près de Geoffrey Bay. Les touristes ont pris la fâcheuse habitude de les nourrir. Les petites bêtes, n’étant plus effrayées, s’approchent très près jusqu’à venir manger dans la main de certains. A renfort de grands panneaux d’avertissement, les autorités luttent contre la dérive du tourisme qui consiste à donner à manger tout et n’importe quoi aux wallabies. Une touriste allemande, avide d’une photographie animalière sans effort, tendait dans sa main un mélange de graines pour perroquet. Cette scène très triste d’un énième touriste qui ne savait pas lire.

Des rock wallabies et un bébé dans la poche de sa mère

Magnetic Island est la dernière île du Queensland que nous ayons vu, la plus au Nord. Nous voulions néanmoins en découvrir une dernière extrêmement protégée, Hinchinbrook Island. Cette île fascinante au large de Lucinda est la seule île du monde sur laquelle se croisent deux zones du patrimoine mondial de l’humanité : les tropiques humides (Wet Tropics) et la grande barrière de corail. Heureusement cette île est vraiment protégée, les voitures n’y ont pas accès. Un seul chemin de randonnée de quatre jours est accessible pour 40 personnes en même temps. Malheureusement pour nous, il n’y avait plus de place sur l’île dans les deux prochains mois. Ce n’est que partie remise

Vue sur Hinchinbrook Island dans les nuages

Nous retenons que ces îles ont toutes pour similarité une histoire douloureuse où les habitants d’origine, les Aborigènes, qui vivaient en paix avec la terre, ont été chassés par les colons avides d’industries très rentables. Nous relevons aussi l’hypocrisie, de la part du gouvernement, de présenter partout des signes évoquant ces peuples Aborigènes qu’il faut respecter et dont les traces doivent être protégées, sans pour autant évoquer les responsabilités et l’histoire coloniale destructrice. Ce point marque une pierre de plus à l’analyse de l’histoire de l’Australie.

Nous retenons néanmoins davantage de ces îles une diversité de paysages, de végétation, de faune et de flore absolument incroyable. Elles font toutes partie des merveilles qui façonnent notre voyage.

PATRIMOINE NATUREL

Fraser Island

PATRIMOINE NATUREL

Les Whitsundays

PATRIMOINE NATUREL

North Stradbroke Island

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