Le Sydney Royal Easter Show, le plus grand événement d’Australie
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Le Sydney Royal Easter Show, le plus grand événement d’Australie

Dès notre arrivée à Sydney, nous avons décidé de travailler pour apporter quelques ressources financières qui nous permettraient d’effectuer un roadtrip au travers du pays. Si le travail que nous avions à effectuer ne s’est pas révélé très intéressant – nous étions employés sur un manège – c’est néanmoins le cadre dans lequel il s’est inscrit qui l’était beaucoup plus. En effet, sans le savoir, nous avons intégré l’événement annuel le plus important d’Australie et l’un des plus gros du monde : le Sydney Royal Easter Show.

    Cet événement est titanesque, à commencer par la place qu’il occupe. Installé dans le parc olympique de Sydney (aménagé pour les J.O. d’été de 2000), le Show s’étend sur un peu plus de 40 hectares et accueille chaque année plus de 800 000 visiteurs durant quinze jours, et ceci à l’occasion des fêtes de Pâques.

    En quelques mots, nous pouvons dire que c’est une foire agricole et commerciale à laquelle s’adjoignent des compétitions sportives, des spectacles et une fête foraine. Dès son origine, le Show a pour but de créer le lien entre la ville et la campagne. Si l’on étudie plus en détail les éléments qui le composent ainsi que son histoire, on se rend compte de son importance au niveau national.

    L’Australia Day, ou la fête nationale, a lieu chaque année le 26 janvier. Elle commémore l’arrivée des premiers colons anglais sur le territoire, à Sydney, le 26 janvier 1788, il y a donc un un peu plus de deux cents ans. L’Australie est un pays jeune.
Le premier Royal Sydney Easter Show a été pourtant organisé dès 1823 à l’instigation de la Royal Agricultural Society of New South Wales (la Société royale d’agriculture de la Nouvelle-Galles du Sud). C’est toujours cette société extrêmement puissante qui l’organise aujourd’hui.
Pour l’anecdote, c’est la reine Victoria qui autorisa la Royal Agricultural Society à utiliser le terme « Royal » dans le nom de l’événement.

Le logo de la Royal Agricultural Society of New South Wales

 

Photos historiques du Show au début du XXe siècle

Il est presque impossible d’établir une liste exhaustive de tout ce qui compose le Sydney Royal Easter Show tant les éléments sont nombreux, divers et variés. Au-delà de la fête foraine et des compétitions sportives, ce sont presque 19 000 prix qui sont décernés chaque année. De la plus belle robe, la plus belle photographie, le plus beau tableau, la plus belle vache, le dalmatien le mieux dressé, la plus grosse citrouille, jusqu’au plus beau bouquet de fleurs ou encore le meilleur gâteau au chocolat et aux amandes.

 

Le concours du meilleur gâteau au chocolat

 

 

Le concours du meilleur dressage

 

Si nous avons pu assister à plusieurs moments typiques comme le rodéo et la montée de taureaux – ce sont deux autres éléments qui composent ce Show que nous voulons présenter plus en détail maintenant.

Spectacle de rodéo

    Le premier d’entre eux est sans doute celui qui s’éloigne le plus des traditionnelles compétitions sportives, il s’agit du bûcheronnage ou coupe de bois – le Woodchopping. Lors du Easter Show se déroulent près d’une centaine d’épreuves de coupe de bois. Sur la seule journée du vendredi 14 avril, 10 compétitions avaient lieu dont la finale des championnats du monde du Tree felling. Les compétiteurs doivent être les plus rapides à abattre un tronc d’arbre de 5 mètres de haut et de 32.5 centimètres de diamètre, à la hache.
Né d’un pari entre deux amis en 1870 dans un bar de Tasmanie – pour 25 dollars, lequel arrivera à abattre le plus vite un arbre – le woodchopping est rapidement devenu le premier sport professionnel australien. Les premières compétitions eurent lieu dès 1899 au Sydney Royal Easter Show et ce dernier est de nos jours la plus grande compétition mondiale de coupe de bois. Le show est d’ailleurs surnommé le « Wimbledon du Woodchopping ».
Les australiens sont les champions du monde de cette discipline.

Compétition de woodchopping

    Le deuxième élément que nous voulons présenter et qui – de ce que nous connaissons – est inexistant en France sous cette forme est la tradition des Showbags. Ceux-ci ont été inventés en Australie au XIXe siècle et font aujourd’hui partie intégrante de la culture australienne. Le showbag pourrait correspondre à ce que nous appelons les échantillons qu’offrent les marques – par exemple lors du passage de la caravane du Tour de France – pour faire tester leurs produits. Lors de leur invention, les showbags correspondaient à ces échantillons gratuits fournis en petite quantité dans des sacs en papier estampillés des logos et noms des marques.

Au détour des années 1920, la production devint coûteuse pour les marques et les showbags devinrent payants. Aujourd’hui, ils le sont toujours. Au Sydney Royal Easter Show, un hangar gigantesque regroupe les stands de chaque marque. Des exemples de ce qui composent les sacs sont accrochés sur les murs, sur plusieurs mètres de hauteur, ainsi que les prix. Les visiteurs (souvent les enfants) choisissent alors le showbag, déjà tout composé, qu’il veulent acheter et se le voient délivrer dans un grand sac en plastique.
Le passage par le pavillon des Showbags est incontournable pour les australiens qui viennent le temps d’une journée au Show. Repartir avec l’un d’entre eux – entre 3 et 50 dollars – semble l’être aussi.

Le pavillon des showbags

 

Anciens showbags exposés

 

Les échantillons présentés aux visiteurs

    Intégrer pendant quinze jours le Sydney Royal Easter Show fut finalement très intéressant. Nous avons été au contact de la population australienne – nous n’avons jamais entendu parler français par exemple. Nous avons parlé avec des australiens venant parfois de loin et en famille pour assister une journée durant au Show, ses spectacles de cow-boys et son feu d’artifice final.

    Nous avons travaillé avec deux forains bien loin des mentalités urbaines et de leurs problématiques. Lorsque nous avons demandé à l’un deux, Ben, ce que font les australiens lors des fêtes de Pâques, il nous a répondu, avec son accent tranchant et parfois incompréhensible, « barbecue and beer ». Sur les routes depuis plus de 5 ans, Ben connaît tout de la mécanique des attractions. Celle sur laquelle nous avons été embauchés, le Wave Swinger (chaises volantes), était l’une des plus vieilles d’Australie, construite en Allemagne dans les années 1970. Arrivé dès 1977 au Luna Park de Sydney, le manège y est resté jusqu’en 1989, année où il a été vendu à l’entreprise qui nous a employés : March’s Amusement.

    Nous avons enfin pu, petit clin d’oeil, constater des habitudes alimentaires festives des australiens, bien lointaines de nos sucreries de fêtes foraines : hot dog, frites avec bacon et cheddar, fresh limonade, « frozen coca-cola », biscuit Oréo en beignet, « hot dog on a stick », « lasagna on a stick », « chips on a stick »…

Stand de limonade fraîche

 

    Pour finir, si un pavillon était destiné à l’exposition sur les patrimoines australiens liés au Show et à l’agriculture, nous n’avons rien vu qui pouvait concerner de près ou de loin les peuplades aborigènes primitives. Tout ce qui fait la fierté de l’Australie actuelle, de ses anciennes mines d’or à ses tracteurs et ses boeufs, a pour origine la colonisation anglaise et tous ses apports au XIXe siècle.
Si l’Australie est le pays des kangourous, celui-ci n’est pourtant aucunement représenté lors du Sydney Royal Easter Show.

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03 Comments

  1. Sandrine

    J ai adoré le « tree feeling », bien plus poétique que le tree felling!

    26 avril 2017 Répondre
    • Cannelle Bruschini

      Effectivement, plus poétique mais moins cohérent. Erreur corrigée. S’il y en a d’autres à l’avenir… Merciiiii

      26 avril 2017 Répondre
  2. Sylvain FOUCQUART

    Salut les « globes-trotters »…
    Bon ben voilà, on y est en Australie!
    Un article sympathique qui nous « met dans l’ambiance »…vivement le prochain!
    Bises des « PIF » (Papa Isa François)

    26 avril 2017 Répondre

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