Melbourne
Australie Patrimoine bâti

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Si Melbourne ne possède pas de monument aussi emblématique et célèbre que l’Opera House de Sydney, nous nous sommes rendus compte en nous baladant dans ses ruelles qu’elle ne manquait pas de charme. Deuxième ville d’Australie par sa taille, capitale du Victoria, elle a été fondée au début du XIXe siècle par des colons libres et a été élue ville la plus agréable à vivre au monde sept fois consécutives par The Economist. On vous emmène découvrir les six endroits qui nous ont marqués par leur richesse patrimoniale et qui témoignent de la diversité culturelle de la ville.

 

 

 

 

Le Palais royal des expositions

Si vous passez par Melbourne et que vous êtes intéressés par les grands monuments et l’architecture, il ne faut pas louper le Palais royal des expositions situé à l’angle nord-est du CBD (Central Business District). Au pied du palais se trouvent les jardins royaux Carlton.

L’ensemble constitué du palais et des jardins est en fait le premier élément australien à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de patrimoine culturel, en 2004, avant même le célèbre Opéra de Sydney.

L’impressionnant palais a été construit pour l’Exposition universelle de Melbourne de 1880. Celle-ci est la première grande exposition officielle à s’être tenue dans l’hémisphère sud. Elle a permis de montrer au monde la puissance industrielle nouvelle et les innovations technologiques de l’Australie.

C’est parce qu’il est un témoignage de l’influence mondiale du mouvement des expositions internationales de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle que le palais est classé à l’UNESCO.

Le bâtiment a une architecture très atypique, et c’est sans doute ce qui fait son charme.

 

Le Palais royal des expositions

 

Comme beaucoup de bâtiments d’expositions, il s’agit d’un savant mélange entre éléments religieux et séculiers. Le plan général reprend la forme de l’église, une croix, avec une nef centrale et des bas-côtés, un transept composé de deux ailes latérales et surmonté d’un dôme octogonal. C’est en même temps une grande salle de banquet, le sol étant recouvert de bois laqué. Une mezzanine court le long de cette grande halle intérieure pour permettre d’admirer l’ensemble. Chaque aile a son entrée composée d’un immense porche, similaire à celui des basiliques romaines.

Les murs sont en briques recouverts de ciment tandis que la toiture de bois est recouverte d’ardoises et d’acier. La structure intérieure est en acier.

L’architecte australien, Joseph Reed, a pris soin d’associer aux décors des éléments gothiques, classiques, byzantins, lombard et romans et issus de la Renaissance italienne.

 

L’aile sud du palais

 

Le palais royal des expositions de Melbourne est une prouesse architecturale et ornementale à ne pas louper.

 

 

 

 

 

Le petit Paris

Certains appellent « le petit Paris » cet espace situé au cœur du CBD et des immeubles de Melbourne où l’on trouve des arcades couvertes, de vieilles façade et plusieurs petites terrasses de café à la française.

Si Sydney est la ville australienne la plus représentée en France, c’est en fait Melbourne qui a le mode de vie le plus européanisé.

Au moment de la création de la ville, en 1835, la plupart des maisons étaient construites en bois. C’est la ruée vers l’or dès les années 1850 qui va entraîner un déplacement de colons vers la ville, une immigration massive depuis l’Europe et donc un besoin de confort.

Melbourne s’accroît très rapidement et des hôtels, cafés et restaurants sont construits pour accueillir les voyageurs. Les constructions sont directement inspirées de celles que l’on connaît en Europe.

En 1870 est inauguré le passage couvert dénommé « Royal Arcade » et qui ressemble presque trait pour trait à la galerie Véro-Dodat de Paris : toit en verre, sol de marbre en damier noir et blanc, boutiques et cafés aux vieilles devantures de bois.
La Royal Arcade est le plus vieux passage encore existant d’Australie et est inscrit sur la liste du Victorian Heritage Register.

 

Royal Arcade

 

La population de Melbourne ne cesse d’augmenter dans les années 1880, doublant en huit ans. Suite à l’exposition de 1880, de nombreux bâtiments victoriens sont édifiés pour accueillir, entre autres, l’administration australienne. Melbourne devient la première ville d’Australie et est capitale de 1901 à 1927. A ce titre, les architectes se concentrent dans la ville et conçoivent d’autres passages et galeries inspirés de l’Angleterre et de la France.

« Block Arcade » est édifié en 1892 et ressemble à la galerie Vivienne à Paris. On y trouve de nombreuses boutiques aux devantures de bois et de verre. Le décor est chargé d’arches, de porches, de demi-lunes. Un atrium central surmonté d’une coupole crée un coude au centre de la galerie et le sol de marbre reprend des motifs végétaux. Le passage couvert est également inscrit dans le Registre du patrimoine du Victoria.

Pour parfaire l’aspect français de ce « Petit Paris », Block Arcade est le lieu d’une des plus célèbres pâtisseries d’Australie, le « Hopetoun Tea Room », ouvert également en 1892 et dans lequel on peut déguster d’appétissants gâteaux, tout présentés dans la vitrine.

 

Hopetoun Tea Room

 

 

 

 

 

Brighton Beach et les Bathing Boxes

La plage de Brighton est célèbre pour ses petits cabanons multicolores, appelés bathing boxes en anglais. Ces petites maisons en bois ont été construites au XIXe siècle pendant l’époque victorienne, pour des raisons morales. Il s’agissait de permettre aux femmes de se changer en préservant leur dignité.

Les maisonnettes n’ont jamais été détruites et sont complètement authentiques. Elles sont d’ailleurs restées inchangées depuis plus d’un siècle, et ne sont donc pas pourvues ni d’eau courante ni d’électricité.

 

Les « bathing boxes »

 

Ces structures font partie du patrimoine le plus ancien de Melbourne. Si un jour on a pensé les détruire, il n’en est aujourd’hui plus question. La plage de Brighton est devenue une véritable icône grâce à ces maisonnettes, ainsi qu’une attraction touristique importante.

 

Un des cabines de plage

 

Au nombre de 82, les cabanons de Brighton sont à la fois uniques et similaires. Tous présentent la même architecture caractéristique de l’époque victorienne avec un toit en tôle ondulée, un cadre en bois et une planche qui se relève pour former un auvent. L’aspect extérieur de chacun est différent. Chaque façade est peinte dans des tons colorés et les propriétaires de chaque bathing box peuvent laisser libre court à leur créativité et sens artistique.

Aujourd’hui, ces simples petites maisons de bois valent une fortune. En décembre 2016, l’une d’entre elles a été vendue pour la modique somme de 326 000$. En décembre 2017, l’une des boxes n’a même pas été jusqu’aux enchères, ayant été vendue directement pour un prix qualifié « d’extravagant » ! Elles se transmettent habituellement au sein des familles propriétaires et il est rare d’en trouver sur le marché, ce qui explique la hausse des prix.

 

 

 

 

Le Street Art

Melbourne est l’une des plus grandes villes d’Australie. C’est aussi la ville réputée pour sa vie culturelle et artistique. Le street art (art de rue) s’est développé dans les rues de Melbourne, au point de devenir une véritable attraction touristique. Union Lane et Hozier Lane sont probablement les plus connues, mais il est possible de trouver des œuvres disséminées dans toute la ville en se baladant un peu.

L’art de rue a fait ses débuts dans les années 1970, influencé par les graffs new-yorkais. Aujourd’hui, le street art a une réputation internationale et ses techniques sont de plus en plus diverses, entre pochoirs, peintures murales, représentations en trois dimensions… Il a même acquis un caractère commercial avec l’organisation de tours guidés dans les rues pour les touristes et le paiement de commissions aux artistes de la part du conseil de la ville.

Il s’agit d’un art en constante évolution, un paysage artistique en mouvement. L’apparence des rues évolue étant donné que les artistes recouvrent les graffs pour en peindre de nouveaux. Le street art est un art éphémère par essence, ce qui a donné lieu à plusieurs débats. Faut-il tenter de conserver certaines œuvres ? Faut-il inscrire des œuvres sur la liste du patrimoine national ?

 

Oeuvre au coin d’une rue

 

En 2003, le célèbre artiste Banksy est venu à Melbourne et a laissé des traces de son passage dans les petites lanes, dont son Little Diver. Le propriétaire du mur sur lequel a été peint ce plongeur en scaphandrier a souhaité conserver la peinture, au point d’installer un écran perspex pour la protéger. Mais en 2008, le mur est vandalisé et le graff de Bansky recouvert de peinture argentée et perdu à jamais.

Certaines œuvres de rue ont été considérées pour être inscrites sur la liste du Patrimoine du Victoria. Une peinture réalisée par Keith Haring sur Johnston Street en 1984 a même été inscrite sur le Victorian Heritage Register en 1999.

Le caractère éphémère des œuvres peut poser problème, tout comme la légalité du street art. Les simples tags ne sont pas autorisés et sont systématiquement nettoyés. Mais la frontière entre tag et art de rue est parfois mince et il n’est pas toujours facile de déterminer la différence. Il est permis de peindre dans certaines lanes, où c’est légal. Autrement, il faut demander un permis auprès du propriétaire du mur sur lequel on veut peindre.

La popularité du street art peut s’expliquer par le fait que c’est un art ouvert à n’importe qui. Cette forme d’expression artistique permet aux gens ordinaires de s’exprimer sur les sujets qui leur tiennent à cœur. On a pu voir par exemple des séries de peintures aborigènes dans les rues de Melbourne.

 

Dans AC/DC Lane !

 

Pour découvrir l’art de rue, rien ne vaut une longue marche dans les lanes de Melbourne.

 

 

 

 

 

Le Shrine of Remembrance

Le Shrine of Remembrance est l’autre grand monument de Melbourne. Il s’agit en fait du mémorial des guerres auxquelles a pris part l’Australie. C’est le deuxième plus grand mémorial australien après celui de Canberra.

Il est situé dans le Kings Domain et occupe une place stratégique dans l’aménagement urbain de la ville, juste en face du CBD.

Il a été construit à l’origine comme un mémorial en l’honneur des hommes et des femmes qui ont pris part à la Première Guerre mondiale.

Plusieurs péripéties politiques ont pourtant retardé les travaux qui ne commencèrent qu’en 1927 pour une inauguration le jour du souvenir, le 11 novembre 1934.

Le bâtiment a été conçu par deux vétérans de la Première Guerre mondiale qui se sont inspirés du Mausolée d’Halicarnasse et du Parthénon d’Athènes. Le style classique est très reconnaissable par les deux frontons de temples de part et d’autre du bâtiment, lui-même posé sur un piédestal.

 

Le Shrine of Remembrance

 

La salle centrale n’est accessible qu’en montant les marches extérieures, ou via l’escalier intérieur qui vient de la crypte. Un escalier permet enfin de monter sur la terrasse de toit d’où l’on surplombe l’esplanade et la ville.

Aujourd’hui, une exposition ainsi que différents détails dans les décors rappellent l’histoire de l’engagement de l’Australie dans les guerres du XXe siècle. On ne le sait pas toujours, mais l’Australie s’est engagée dans la plupart des conflits armés de ces 100 dernières années : Première Guerre mondiale, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée, guerre civile en Malaisie, guerre d’Indochine, guerre du Vietnam, guerre du Golfe…

A garder en mémoire !

 

 

 

 

 

Le pont de Sandridge

Le pont de Sandridge enjambe la Yarra en plein cœur de Melbourne et vaut qu’on s’y balade tranquillement. Ancien pont ferroviaire ouvert en 1888, c’est le troisième pont à avoir été construit à cet endroit.

Construit en acier, le pont de Sandbridge est considéré comme l’un des premiers exemples de pont à poutres en acier d’Australie. Il a d’ailleurs été inscrit sur le Registre du Patrimoine du Victoria.

 

Le pont

 

Sa localisation est intéressante en ce qu’il a été construit près d’un lieu de rassemblement traditionnel aborigène et un peu plus en amont du point où les premiers colons sont arrivés à Melbourne.

En 2006, le pont est réaménagé en zone piétonne et piste cyclable. Pour célébrer son rôle historique en tant que lieu d’arrivée et de rassemblement, il est pourvu d’une exposition intitulée The Travellers. Une série de 128 panneaux de verre ont été posés tout le long afin d’exposer l’histoire migratoire des Aborigènes et des migrants. Chaque panneau affiche le détail des arrivées par pays d’origine depuis 1788, mais seules sont décrites les communautés composées de plus de 1000 personnes. Les plus petites communautés comprenant entre 100 et 1000 personnes sont juste mentionnées sur des panneaux récapitulatifs.

 

Les panneaux de verre se trouvent le long de la promenade, à gauche

 

A l’origine de ce concept, Les Erdi souhaite montrer les origines, la croissance ainsi que la diversité du Victoria. Il est intéressant de se promener sur le pont pour y découvrir le nombre de migrants de chaque pays, qui peut parfois être étonnant !

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