The Road is Home : la vie en van
Australie Vie nomade : Réflexion & Quotidien

The Road is Home : la vie en van

Cet article s’adresse à toutes les personnes qui nous ont questionnés sur notre quotidien dans le van. « Mais alors, comment ça se passe ? Vous dormez dedans ? Et vous pouvez cuisiner aussi ? Et comment vous faites pour vous laver ? »

Après un an passé sur les routes australiennes, je crois qu’on peut enfin répondre de manière éclairée.

L’article étant extrêmement long, j’ai pris la liberté de faire un sommaire qui, je l’espère, vous aidera à mieux vous repérer et naviguer dans ce retour d’expérience.

 

PARTIE 1 : GÉNÉRALITÉS

Pourquoi un van ?

 

Dans notre cas, la question ne s’est pas vraiment posée. Avant même de mettre les pieds en Australie, on savait déjà qu’on achèterait un campervan pour voyager. Il faut dire que la plupart des backpackers optent pour ce moyen de transport et que ça nous a paru être l’option la plus logique, celle qui offrait la liberté dont on rêvait.

En arrivant à Sydney, on savait que notre objectif principal allait être de trouver la perle rare, le van qui allait à la fois devenir notre petit chez-nous et notre moyen de voyager à travers l’Australie. On a pas mal douté, on pensait que ce serait plus facile. On avait cru comprendre que tous les backpackers revendaient leurs véhicules à Sydney et qu’on n’aurait aucune difficulté à en trouver un bien rapidement. Finalement, il a fallu qu’on en voie neuf en cinq jours avant de trouver le nôtre. Gumtree.com (le Ebay local) a été notre meilleur ami cette semaine-là, et on n’a pas arrêté de parcourir les offres à la recherche du van parfait.

On est tombé sur pas mal d’arnaques pendant ces cinq jours. En général, la démarche est simple : on voit une offre qui nous plaît, on contacte le propriétaire et on se donne rendez-vous pour voir le van et le conduire un moment. On a eu quelques mauvaises surprises : on arrive sur le lieu du rendez-vous pour constater que le van – qui était impeccable sur toutes les photos de l’annonce – n’a plus de phares ni de pare-choc suite à un accident malencontreux. « Ce sera à vous de payer les réparations si vous l’achetez, et vous devez vous décider maintenant parce que nous quittons l’Australie demain ». Non merci.

On est tombé sur des vendeurs « très occupés » durant la journée, qui ne pouvaient nous recevoir qu’après la nuit tombée… ce qui n’est pas l’idéal quand on veut inspecter un van avant de l’acheter, on préfère pouvoir l’examiner sous toutes les coutures à la lumière du jour.

On a rencontré aussi des vendeurs très zélés, qui nous ont assuré que leur van avait été contrôlé régulièrement par leur ami mécanicien, qui du coup ne leur avait pas fait de factures…

Ou encore ce gars qui avait mis en vente son van immatriculé dans le Victoria sans avoir fait de contrôle technique alors que c’est obligatoire, et qui a essayé de nous convaincre de faire l’aller-retour Sydney-Melbourne pour faire valider le changement de propriétaire… « Il n’y a que six heures de route, ça vous prendra maximum trois jours, c’est pas grand chose quand on a un an de visa ». On s’est rendus compte plus tard qu’il avait dû être mal renseigné parce que visiblement il n’y avait pas besoin d’aller à Melbourne pour valider la vente.

On a fini par avoir le coup de cœur pour le 9e van que nous avons vu. On avait en tête des critères assez précis que le van de nos rêves devait remplir :

  • Un aménagement confortable : on n’est pas des personnes vraiment manuelles et douées en bricolage, donc on n’avait pas envie de prendre un van vide ou peu aménagé et de nous débrouiller ensuite. On voulait au moins un lit et une cuisine aménagée à l’arrière, ce qui nous paraissait le minimum.
  • Une seconde batterie : indispensable pour pouvoir recharger ordinateurs, appareils photos, et tous nos appareils électriques comme tondeuse ou épilateur
  • Pas plus de 300 000 km au compteur : il est dit que les vans en Australie peuvent tenir jusqu’à 500 000 km. On savait qu’on partait pour un an et qu’on allait ajouter au moins 30 000 km au compteur. Pour pouvoir revendre notre van à la fin sans trop de difficultés, on a pensé que moins de 300 000 km ce serait mieux. Les vieux vans se revendent, mais pour moins cher évidemment, et ils inspirent moins confiance.
  • Une registration Western Australia : dite « rego », la registration est en quelque sorte l’immatriculation du van. Sans elle, on n’a pas le droit de rouler. Chaque Etat a sa propre registration, qui va de pair avec ses propres règles. La moins chère et la plus simple à renouveler, administrativement parlant, c’est celle du Western Australia. On peut la renouveler pour 3, 6, 9 ou 12 mois, dépendant de combien de temps on souhaite garder son véhicule, et on peut le faire en ligne depuis n’importe où. Et il n’y a pas besoin de passer un contrôle technique.
  • Un budget raisonnable : on ne voulait pas mettre plus de 5 000 dollars dans un van. En Australie, on peut trouver de tout sur le marché : des vans à 2000 dollars pas vraiment équipés, jusqu’à des vans hyper spacieux et confortables, de véritables petites maisons roulantes avec four, évier, etc., à 10 000 dollars.

 

Notre van, Mitch de son petit nom, remplissait tous ces critères et dès qu’on l’a vu, on a su que c’était le bon !

 

 

La « vraie » liberté

Vivre dans un van, ça rime avec aventure, vie nomade, liberté… On a l’impression qu’on va pouvoir aller où on veut, quand on veut, sans rien demander à personne. Qu’on va pouvoir partir à l’aventure sur les routes, trouver des coins magiques connus de nous seuls, se poser sur des spots déserts dont on est les seuls à profiter. Mener une vie simple, réduite au minimum de possessions matérielles. Découvrir un pays de manière économique.

Tout ça est vrai. On a eu de beaux moments à pique-niquer sur des plages désertes. On a parfois trouvé des coins où dormir où nous étions complètement seuls, à des kilomètres de toute civilisation. On a passé des soirées assis dans nos chaises de camping à regarder les étoiles. On a regardé la carte de l’Australie et dit « on ira là demain ». Et on y est allé.

 

Nullarbor

 

Sur la côte du South Australia

 

Mais il ne faut pas oublier que la vie en van c’est aussi des contraintes !

 

 

Les contraintes de la vie en van

Toute médaille a son revers. Certes, vivre et voyager dans son van apporte son lot d’avantages, mais aussi d’inconvénients, il faut en être conscient.

 

#1 Les routes bitumées et non bitumées

L’Australie a la particularité d’être un pays jeune. Ça, on l’a entendu encore et encore, on nous l’a dit et répété : « l’Australie n’a pas d’histoire ». Les Européens n’ont pris possession des terres il y a seulement 200 ans, et c’est alors qu’a débuté le processus de transformation et d’urbanisation du continent. Aujourd’hui, ce processus est loin d’être achevé dans le sens où un bon nombre de routes restent des « gravel roads », des routes en terre ou en gravier. Ces routes, notre petit van ne pouvait pas les emprunter. Lorsqu’elles sont bien lisses et sèches, ça peut être possible, mais il suffit d’un trou pour risquer de casser l’essieu du van ou d’une flaque pour finir embourbé. Le plus énervant, ce sont ces routes pleines de « corrugations », des vaguelettes formées par le passage des véhicules et qui sont un vrai cauchemar : le van vibre de partout, on est secoué dans les sens et on ne peut pas aller à plus de 20 km/h.

Dans l’outback et sur la côte ouest, ce sont des milliers de kilomètres de routes qui n’ont pas été bitumés, et d’ailleurs où que nous soyons passés sur la côte est, on a toujours croisé des « roadworks », des travaux sur les routes.

Il faut bien l’admettre : notre van est vieux et n’a que deux roues motrices. Pour ne pas prendre de risques, il faut rester sur les routes bitumées. Ce qui signifie qu’un certain nombre de parcs nationaux voire même de régions nous ont été inaccessibles. On s’y est confrontés plusieurs fois : en voulant aller dans les Barrington Tops, on s’est rendus compte que toutes les routes menant à ce parc classé au patrimoine mondial de l’UNESCO étaient gravel. Demi-tour, tant pis. Même problème pour visiter la péninsule du Cap York : après Cooktown, il n’y a plus de routes goudronnées.

 

Fin d’une route bitumée !

 

L’une de mes amies en Australie m’a dit un jour : « Nous on aimerait aller voir l’Uluru puis partir à Perth directement ». En van, c’est tout simplement impossible, la route reliant le Centre rouge à Perth n’est pas bitumée : il y a plus de 1 200 km de gravel road. Nous, on n’a pas voulu s’y essayer, on a fait plutôt un petit détour d’environ 8000 km pour rejoindre d’abord Darwin, puis on a rallié Perth en suivant la côte ouest.

Il ne faut pas dramatiser non plus. Certes, on n’a pas vu le Purnululu National Park, réputé pour être l’un des plus beaux parcs nationaux d’Australie. Mais il y a suffisamment de choses à découvrir en van en passant par les routes de bitume sans pour autant qu’on soit resté sur notre faim. Et des gravel roads, on a quand même fini par en emprunter un bon nombre, à chaque fois en nous disant « celle-ci c’est la dernière qu’on fait, on va vraiment finir par avoir un problème avec le van si on continue ». On a continué jusqu’en Tasmanie…

 

#2 Les coûts liés au van

Voyager de manière économique au quotidien grâce au van, c’est possible. On l’a fait pendant un an. Malgré tout, l’entretien du véhicule, l’essence, l’assurance et la registration ont un coût parfois élevé. Dans les coins reculés, le prix de l’essence augmente, jusqu’à 2 dollars le litre dans le centre du pays. Il est important de faire des contrôles réguliers du van, surtout si on roule beaucoup comme nous et surtout si on s’apprête à partir dans le désert. On ne veut pas tomber en panne au milieu de nulle part, n’est-ce pas ?

 

L’essence à plus de 2 dollars le litre

 

Il a fallu également toujours avoir un petit bidon d’huile de moteur. Le van était vieux (1996), il brûlait donc beaucoup d’huile et environ tous les 3 000 km il fallait en remettre. L’avantage était qu’on n’a jamais eu à faire de vidange… Mais il a toujours fallu acheter des bidons d’huile et prévoir aussi du liquide de refroidissement.

La fameuse « rego » (registration) apporte son lot de galères administratives aussi. Notre van était immatriculé en Western Australia, il nous a fallu débourser plus de 700 dollars pour étendre son immatriculation jusqu’à 12 mois. Apparemment, nous ne sommes pas à plaindre puisque nous avons pu le faire par Internet depuis le Queensland, et que la rego du Western Australia est l’une des moins chères. Dans certains Etats, il faut passer un contrôle technique avant de pouvoir étendre sa registration, et parfois il faut se trouver obligatoirement dans l’Etat où le véhicule est enregistré pour pouvoir le faire…

 

Au total, sur une année, nous avons dépensé à peu près 9 588 dollars pour le van.

 

Nos postes de dépenses
– Essence : 4 668 AUD
– Huile de moteur et liquide de refroidissement : +/- 100 AUD
– Réparations et entretien : 4130 AUD
– Assurance : 490 AUD
– Aménagement et décoration : +/- 200 AUD

 

#3 Dormir dans son van en Australie

Dormir dans son van peut s’avérer compliqué parfois. En Australie, le camping sauvage est tout simplement interdit. Dans les villes, on n’est pas autorisés à dormir dans sa voiture. La plupart des panneaux des parkings le rappellent constamment : « NO OVERSTAY NIGHT ». Ceux qui tentent de rester sur des zones où ce n’est pas autorisé ne l’oublient pas de sitôt quand ils doivent payer une amende de 250 $. A Sydney, on s’est essayé au camping sauvage pendant cinq nuits en garant le van dans des banlieues résidentielles pour ne pas trop attirer l’attention. On a été contraints de faire la même chose à Adélaïde, sur un parking où c’était apparemment toléré, le temps de trois nuits. Ce ne sont pas les nuits les plus reposantes tant la peur d’être réveillé par un policier est grande. Et puis une fois couché, on évite de sortir pour aller aux toilettes afin de ne pas alerter le voisinage. De la même façon, lorsqu’on dort « en sauvage » on se lève très tôt, avant les premiers promeneurs.

L’application Wikicamps facilite quand même les choses puisqu’elle recense tous les campings, gratuits ou non, de l’Australie. Pendant une année autour de l’Australie, nous n’avons quasiment dormi que dans des campings gratuits, les free camps. Parfois difficiles à trouver, ils pouvaient être situés loin des villes d’intérêt et nous obligeaient à rouler encore 50 km pour atteindre le plus proche. Autour des grandes villes, il n’y en a pas, ou très peu.

Dans l’outback, dormir s’avère beaucoup plus simple. On n’a pas hésité à nous arrêter n’importe où, au milieu de nulle part. Il n’y avait qu’une chance infime pour qu’un rangers passe exactement là où nous nous étions arrêté. L’outback offre une liberté quasi infinie, seuls au milieu du désert.

 

Seuls au milieu du désert

 

 

PARTIE 2 : LA VIE QUOTIDIENNE DANS LE VAN

 

Alors concrètement, ça ressemble à quoi de vivre dans un van ?

 

L’aménagement de notre van

Pour nous, c’était assez simple. Notre van était déjà aménagé quand nous l’avons acheté, on ne se sentait pas vraiment capable de l’aménager par nous-mêmes.

A l’intérieur se trouve le lit, constitué de deux planches en bois reposant sur les sièges arrière repliés. On avait trois matelas qu’on pouvait caler dans le sens de la largeur du van, des oreillers et couvertures. Dans l’outback, les températures peuvent descendre très vite à la nuit tombée et on a eu besoin plus d’une fois de non pas une, mais deux couvertures l’une sur l’autre. Au contraire, dans le nord le climat était tropical. On a vite dû installer des moustiquaires sur les vitres pour pouvoir les maintenir ouvertes sans pour autant laisser entrer tous les moustiques, et on a dû acheter un petit ventilateur pour nous rafraîchir étant donné la chaleur humide étouffante qui persistait la nuit.

 

 

Au-dessus du lit, nous avons installé des paniers qui nous permettaient de ranger nos petites affaires comme lunettes de vue, stick à lèvres, mouchoirs, liseuse, etc. sans avoir constamment à les chercher dans le lit. Ces paniers faisaient office de table de nuit et c’était bien pratique.

 

 

En dessous du lit, nous avions suffisamment de place pour ranger nos sacs à dos vides et mettre deux grandes boîtes. Celle au fond du van, accessible en enlevant d’abord la première boîte, contenait les objets dont nous n’avions pas souvent besoin, comme nos gros manteaux, le ventilateur quand nous n’étions pas dans le nord, etc. Dans la première boîte, facilement accessible, étaient rangés nos vêtements.

A l’arrière du van, juste en ouvrant le coffre, se trouvait le coin cuisine, constitué d’un grand meuble divisé en deux parties : tout en haut, une étagère en bois dans laquelle nous pouvions stocker tous les aliments secs, condiments et conserves. En bas, des étagères permettaient de mettre encore plus de conserves et sur deux d’entre elles des tiroirs avec des ustensiles de cuisine et nos affaires de toilettes. Cette partie était cachée par une planche qui, lorsqu’elle était abaissée, pouvait servir de plan de travail pour cuisiner. Le meuble, surélevé, permettait de ranger encore des choses directement dessous. Ainsi, nous avions trois ou quatre bidons d’eau de 10 L chacun, un réchaud à gaz, un bidon d’essence et une glacière directement accessibles en ouvrant le coffre.

 

 

Derrière, donc sur le sol au milieu du van, étaient rangés des chaises de camping, une table pliable, une énorme bâche pour s’abriter en cas de pluie, deux tentes de deux personnes et une énorme caisse orange contenant une multitude d’outils, des parapluies et les bidons d’huile et de liquide de refroidissement.

 

 

A l’avant se trouvait la seconde batterie qui nous permettait à tout moment de brancher nos appareils électroniques. Elle était en fait branchée sur la batterie principale du van. Pour la recharger, il fallait activer un interrupteur. L’interrupteur permet à la seconde batterie de se recharger directement sur la batterie principale, il ne doit donc être allumé que lorsque le van roule. S’il est laissé en position on alors que le moteur est éteint, on vide tout simplement la batterie principale. Et là, il n’y a plus qu’à espérer que quelqu’un passe pour nous aider à relancer la batterie. En plein désert, ça peut poser problème. Heureusement, ça nous ne est arrivé que trois fois, le premier mois. On n’était pas encore vraiment rôdés avec ce système et on a donc oublié d’éteindre l’interrupteur. En voulant repartir, plus de batterie. A chaque fois, on a eu beaucoup de chance parce que nous étions arrêtés sur des parkings ou des routes fréquentées, donc on n’a eu aucun mal à trouver une personne prête à mettre les pinces.

 

 

Au départ, on n’avait aucune idée de la meilleure manière de ranger le van. Au fur et à mesure, on a vite compris que le rangement devait s’apparenter à un Tétris géant. Tout doit avoir une place précise selon sa forme et son utilité. Les choses qui servent peu ne doivent pas rester devant. On a amélioré notre confort tout au long de notre voyage, en nous débarrassant après quelques temps des objets qui ne nous étaient d’aucune utilité, et en changeant de place les choses qui au contraire nous servaient souvent.

 

 

Le voyage en van

 

#1 Construire l’itinéraire jour après jour

Avant de quitter Sydney, on n’avait pas spécialement prévu d’itinéraire. On a pu construire notre parcours au fur et à mesure surtout grâce aux offices de tourisme. Pas une ville australienne n’est dépourvue d’un Visitor Information Center. Ces centres d’information ont été très pratiques pour nous organiser et nous renseigner sur les choses à voir et à faire dans toutes les régions que nous avons traversées. Dès qu’on arrivait dans une ville, notre premier réflexe était donc de passer faire le plein de catalogues, de cartes et de brochures, tous gratuits.

Au jour le jour, nous ne savions pas pour autant quelles routes précises nous allions prendre. Même si nous savions où nous voulions aller, chaque matin nous partions tout de même à l’aventure.

 

#2 Prendre une douche et aller aux toilettes

Les villes australiennes sont très bien équipées en termes d’infrastructures. Toilettes, tables de pique-nique, barbecues électriques, voire même des douches… Tout est public et gratuit, ce qui facilite bien la vie aussi quand on a une envie pressante entre deux visites ou qu’on cherche tout simplement un endroit où se poser pour déjeuner.

L’application Wikicamps, encore une fois, a été une vraie bible. Elle ne recense pas que les campings, mais aussi les douches gratuites et payantes, les toilettes, les endroits où trouver du wifi gratuit, les lieux d’intérêt, etc.

Sur la côte est, qui est plus urbanisée, nous n’avons eu aucun mal à trouver des toilettes. Il y a toujours des toilettes gratuites dans les villes. Les free camps en étaient quasiment tous pourvus. Des douches sont très souvent installées sur les plages aussi. Intérieures ou extérieures, nous en avons bien profité sur la côte est. Par contre, l’eau était la plupart du temps toujours froide. C’était un vrai bonheur de trouver une douche chaude gratuite.

Dans les terres, la plupart des campings gratuits n’avaient que le strict minimum en termes d’infrastructures. Dans les Atherton Tablelands, nous avons passé huit jours sans pouvoir prendre de vraie douche, juste en faisant des toilettes de chat. C’est bête à dire, mais après un moment nous ne ressentions plus vraiment le besoin de nous doucher tous les jours. Une douche tous les deux ou trois jours suffisait quand le climat n’était pas trop chaud ni humide.

Dans le désert, ça a été une autre histoire. Les campings gratuits sont nombreux, mais la plupart du temps ce sont juste des aires, sans rien. Parfois, des toilettes sèches qui n’ont pas été vidées ou nettoyées depuis un bon moment. Jamais de douche. Avant de partir dans l’outback, nous avons donc investi dans une douche solaire. Il s’agit tout bêtement d’un réservoir d’eau de 20l, noir. On le remplit, on le met au soleil, et après quelques minutes l’eau devient chaude. Il n’y a plus qu’à l’accrocher à un arbre ou sur le toit du van, on insère le pommeau en plastique, et on peut se doucher.

Dans l’outback, on était quasiment toujours seuls sur les aires de camping. On a pu à de nombreuses reprises accrocher notre douche solaire au milieu du désert et prendre une douche complètement nus au milieu de nulle part. On attendait quand même qu’il fasse nuit histoire d’être sûrs que si un véhicule passait sur la route, il ne nous verrait pas !

Pour les toilettes dans le désert, je vous laisse deviner…

Il faut toutefois préciser que l’eau est une denrée rare. Il nous est donc arrivé à plusieurs reprises de ne pas nous laver du tout pendant plusieurs jours. Seul le lavage des dents était quotidien.

 

#3 La lessive

Pour laver nos vêtements, nos serviettes et nos draps, on a fait usage le plus souvent des Lavomatics. Il faut compter entre 3 et 5 dollars pour une lessive. En général, on ne payait pas pour le sèche-linge. Pour tout faire sécher, on étendait nos habits à l’intérieur du van, à l’aide de tenders qu’on installait en travers du plafond.

Comme on a suivi le soleil pendant un an, on n’a eu quasiment que du beau temps toute l’année donc on n’avait aucun mal à tout faire sécher rapidement. Il n’est arrivé qu’une seule fois, dans les Montagnes bleues, que les vêtements ne sèchent pas à cause du temps froid et humide. On a passé quatre jours avec toute la lessive étendue dans le van, et quasiment rien ne séchait !

On a aussi acheté un savon pour lessive à la main et il nous est arrivé plusieurs fois de laver nos sous-vêtements ou quelques t-shirts à la main quand on n’avait pas besoin de faire une grosse lessive.

 

#4 La gestion de l’eau

Une fois achetés nos quatre bidons d’eau, il fallait les remplir régulièrement pour toujours avoir de l’eau pour boire, faire la vaisselle ou simplement nous laver les mains. Sur la côte est, ça n’a jamais été un problème, il y avait très souvent des robinets d’eau potable dans les freecamps. Tous les soirs, on pouvait remplir nos bidons, nos bouteilles d’eau et faire notre vaisselle directement au robinet.

En revanche, les choses se sont drastiquement compliquées dans le désert. On a dû parfois attendre plusieurs jours avant de trouver un robinet d’eau et on était sur nos réserves. L’application Wikicamps est vraiment utile dans ces moments-là puisqu’elle recense les robinets d’eau potable. On n’a jamais manqué d’eau mais il a fallu être économes. Si on a quasiment toujours réussi à trouver un robinet dans les villes de l’outback, il fallait parfois attendre plusieurs jours avant de tomber sur la ville suivante. Pour ce qui est de la vaisselle dans le désert, nous n’utilisions pas nos réserves pour laver nos assiettes et nos couverts. Ça aurait été trop coûteux en eau. Nous ne faisions que les essuyer puis les réutiliser, en attendant le prochain robinet.

 

#5 Les repas et les courses

Nous n’avions qu’un réchaud à gaz, il fallait donc faire preuve d’inventivité pour varier les plaisirs. Pour le petit déjeuner, on faisait chauffer de l’eau sur le réchaud avec une petite casserole prévue à cet effet uniquement, pour le café et le thé. Accompagné de tartines de confiture, beurre de cacahuète ou faux Nutella, parfois de brioche quand il y avait des réductions au supermarché.

En général, le midi on mangeait vite et léger, donc des sandwichs (vive le thon en boîte !) préparés le matin même avec des chips ou bien des nouilles instantanées de temps en temps.

Pour le dîner, nos stocks de pâtes, riz, lentilles, polenta et boîtes de conserve nous ont été bien utiles.

Nous ne nous sommes jamais servi de notre glacière en fait. Sur la côte est, les températures n’étaient pas très élevées donc nous pouvions garder du frais quelques jours sans glace. Une fois dans le nord du Queensland, nous n’achetions que peu de produits frais, et nous les consommions le jour même.

Les pains de glace coûtaient 5 dollars dans les stations services, et dans le désert il faut en racheter tous les jours parce qu’elle fond très vite. On a donc décidé de faire cette économie et de nous débrouiller autrement. Les légumes, salades et fruits étaient consommés rapidement. Pas de fromage, pas de beurre ni de yaourt ni de viande ou de poisson, ou alors achetés pour être consommés directement le soir même.

Ça ne nous a pas posé particulièrement de problème, nous avons réussi à garder une alimentation saine et équilibrée pendant un an. Il faut juste réfléchir aux quantités avant d’acheter. Pour être sûr de ne rien perdre avec la chaleur, il suffit de prendre en plus grande quantité les fruits et légumes qui peuvent résister longtemps à température ambiante, et prendre en moins grande quantité ceux qui ne tiendront pas, de manière à pouvoir tout manger dans les temps impartis.

Réduire notre consommation de viande ne nous a pas fait de mal, au contraire. Nous mangions des œufs régulièrement ainsi que des lentilles, des haricots blancs ou encore du thon en boîte donc on avait notre lot de protéines malgré tout.

 

Coles et Woolworths sont les plus grandes enseignes de supermarchés en Australie. On trouve toujours l’un ou l’autre dans les villes de la côte est et du sud. Lorsque la date de péremption des aliments approche, les prix sont réduits proportionnellement. En allant au supermarché plutôt le soir avant la fermeture, on avait plus de chance de trouver des produits avec des réductions allant jusqu’à 80 %. Du chocolat à 70 centimes, du saumon fumé à 2 dollars, un pot de yaourt à 1 dollar, des pavés de colin à 1,25 dollars, un poulet rôti à 3,50… On a trouvé des trésors.

Aldi est probablement l’enseigne la moins chère, mais il y a moins de choix et Aldi n’existe que sur la côte est et ponctuellement dans les autres grandes villes.

Dans le désert, encore une fois, les choses sont différentes. Coles et Woolworths n’existent pas sur la côte ouest ni dans le Centre rouge. Il faut faire les courses dans de petites épiceries, comme IGA, où tout coûte plus cher évidemment. C’est là qu’on a dû faire le plus attention mais il y a toujours moyen de trouver des produits à prix réduits, comme chez Coles et Woolworths.

On était plutôt Team Coles d’ailleurs. A chaque fois qu’il y avait les deux magasins, on préférait Coles contrairement à nos travel mates Marina et Matt qui fonçaient à chaque fois au Woolworths…

 

Il était parfois primordial de réfléchir à ce qu’on allait manger, parce qu’on savait qu’on ne trouverait pas de magasin avant plusieurs jours. En partant du Queensland vers le Centre rouge, on a donc rempli notre van de conserves. On savait que ce serait la solution la moins chère : remplir le van de denrées non périssables sur la côte est alors que les prix étaient encore normaux. On en a eu pour 90 dollars de courses, mais on a tenu un bon mois. A chaque fois qu’on en avait l’occasion, on refaisait le plein de conserves. Petits pois, maïs, haricots verts, mélanges de légumes, pois chiches, etc., on misait surtout sur des légumes plus que sur des plats préparés type raviolis en boîtes, parce qu’il n’y en avait pas tellement et que ces conserves-là étaient excessivement chères, et pas toujours très bonnes.

 

Nos provisions

 

C’était le même problème avec les bonbonnes de gaz pour alimenter le réchaud : il fallait toujours en prévoir suffisamment pour tenir longtemps sans avoir besoin d’en racheter. Ce n’est pas la chose la plus facile à trouver dans le désert…

On a tellement rempli le van, qu’en sortant du Karijini National Park on s’est rendu compte que le meuble de la cuisine commençait à s’enfoncer dans le sol ! On a été obligés de remettre de nouveaux pieds parce que le sol du van s’affaissait complètement…

 

#6 Sous la pluie

Au total, sur une année, on n’a pas dû avoir plus de 5 journées de pluie. On voulait suivre le beau temps, et on a bien réussi ce pari.

 

Notre année en Australie par saison

Automne : Sydney et la côte est
Hiver : Outback et Centre rouge
Printemps : Le Top End et la côte ouest (saison des pluies dans le Nord)
Eté : La côte sud et la Tasmanie

 

Retrouvez notre itinéraire complet ici

 

Les grosses averses qui nous ont bloqués pour la journée entière peuvent se compter sur les doigts d’une main. Et quand ça arrive, il n’y a pas le choix : si on est en plein road trip, il faut s’enfermer dans le van et tout simplement attendre que ça passe. En Tasmanie, le temps est très instable et même si on a visité l’île en plein été, on a quand même eu deux journées de pluie. C’est l’occasion de se reposer, de lire, de regarder des séries ou d’écrire… A Darwin, les fois où le déluge s’est abattu sur nous, nous étions en plein volontariat, donc dans une maison, ce qui était plus facile à gérer.

Le moins agréable est que si on se fait surprendre par une averse, comme ça nous ait arrivé dans le parc national Karijini, il faut rentrer dans le van avec les vêtements trempés. Pour éviter de mouiller le lit, on a dû s’installer à l’avant, attraper des vêtements secs puis nous changer sur les sièges et ensuite nous contorsionner pour nous installer dans le lit derrière. Pas hyper pratique, mais s’il ne doit pas y avoir de soleil avant plusieurs jours, ça évite de se retrouver avec des draps, matelas et oreillers humides… Les vêtements mouillés étendus sur les sièges avant, il n’y a plus qu’à attendre.

Les soirs où on pensait qu’il allait pleuvoir, on pouvait aussi installer notre bâche en l’attachant au van et à des arbres autour. Ça n’a été utile que deux ou trois fois.

 

Sous la bâche…

 

 

 

En Australie, il faut faire attention aux saisons pour voyager. Le pays est tellement grand (14 fois la France), qu’il semble impossible de pouvoir en faire le tour et de se trouver à chaque fois au bon endroit au bon moment. Non seulement il faut prendre garde au temps, mais aussi aux animaux. Par exemple, les baleines commencent à remonter la côte est à partir des mois de juin et juillet. Pour voir les requins-baleines, les plus gros poissons du monde, sur le récif de Ningaloo sur la côte ouest, c’est d’avril à juillet… Il vaut mieux visiter le centre du pays entre juillet et août parce que c’est à cette période qu’il fera le moins chaud pendant la journée (contre jusqu’à 45°C en été à partir de décembre). Au contraire, il faut éviter de se trouver dans le nord entre décembre et mars parce qu’on sera en pleine saison des pluies, mais c’est en janvier qu’on a le plus de chance de voir un orage électrique à Darwin. Bref, il faut bien se renseigner. Pour notre part, nous nous sommes retrouvés en pleine saison des pluies dans le nord et finalement nous n’avons pas eu beaucoup de pluie, ça n’a pas été vraiment dérangeant. En revanche en descendant la côte ouest, on s’est rendu compte qu’on tombait mal parce que pile au moment où se lève le Fremantle Doctor, un vent qui commence à souffler au milieu de l’après-midi. Imaginez devoir cuisiner dehors avec un réchaud en plein vent…

 

 

 

PARTIE 3 : ANECDOTES ET SOUVENIRS

Nos pires galères avec le van

 

En un an de voyage en van, ça aurait été vraiment trop beau de ne jamais avoir aucun problème. En achetant notre van, on se doutait bien qu’on aurait forcément des galères un jour ou l’autre.

 

#1 Coincés une semaine dans un camping sans douche

Sur la côte est, rien de notable. Les deux premiers mois de road trip avec le van se sont extrêmement bien déroulés.

C’est en arrivant dans les Atherton Tablelands, au nord du Queensland, que nous avons décidé de faire un contrôle dans un garage avant de partir dans l’outback. Et c’est donc là qu’on a eu notre première frayeur : on s’est rendu compte à ce moment-là que la courroie de distribution n’avait pas été changée depuis un bon moment. Elle était complètement fissurée…

Il fallait attendre une semaine pour que le garagiste puisse recevoir le kit et s’en occuper. Une semaine pendant laquelle on a eu tellement peur de rouler et d’exploser le moteur qu’on a décidé de ne pas bouger de notre camping. Et malheureusement pour nous, ce camping n’avait pas de douche… Si jusque-là on avait toujours réussi à prendre une douche tous les deux ou trois jours, on a battu un record personnel cette semaine-là !

 

Au final, le pire ne s’est pas produit. On a passé notre semaine à faire des toilettes de chat à l’aide des robinets du camping et on a fini par repartir avec une courroie de distribution toute neuve… vers un camping avec une douche !

 

#2 Le sort s’acharne à Alice Springs

C’est à Alice Springs, dans le Centre rouge, qu’on a enchaîné les galères. On avait entendu dire qu’en Australie, tout peut aller très vite : en une journée, tu peux trouver du travail, un logement, un véhicule ou des compagnons de route. C’est la sensation qu’on a eue à Alice Springs. A peine arrivés, nous avons chacun trouvé un voire deux emplois, un logement, nos amis nous ont rejoint et on a rencontré d’autres copains étrangers.

Mais l’inverse est vrai aussi : en une journée, on peut tout perdre. Et c’est aussi ce qui s’est passé pour nous. Après trois semaines, on a dû faire face à la perte d’un emploi et à la perte de notre logement en auberge de jeunesse. Située juste à côté du restaurant où l’on travaillait, c’était pour nous la meilleure option et on s’était tout de suite bien entendu avec les personnes qu’on y a rencontrées. Souvenez-vous, le camping sauvage est interdit en Australie donc nous n’avions pas le droit de dormir dans notre van en ville.

Malheureusement, après nous être fait virer de l’auberge du jour au lendemain, on n’avait plus vraiment le choix : on est retournés dans notre petit van, qu’on a installé dans le camping situé derrière un hôtel d’Alice Springs. Camping où l’on avait le droit de ne rester qu’une semaine maximum.

C’est une fois dehors en train de préparer le dîner qu’il s’est mis à pleuvoir. Oui, en plein désert, et pour la première fois depuis des mois. C’était vraiment un gros manque de chance qu’on soit dehors à ce moment-là.

Le lendemain matin, impossible de démarrer le van.

Là, on commence à comprendre que la chance a bel et bien tourné.

On ne panique pas, on ne travaille que le soir à 18h, donc on a toute la journée pour s’occuper du problème. Malheureusement, le mécanicien qui fait le déplacement dans l’après-midi pour regarder ne parvient pas à le redémarrer et n’a qu’une vague idée de la cause du problème. Il pense que c’est la pompe à essence qui a lâché, il faut compter entre 500 et 700 dollars pour la remplacer…

Evidemment, on est vendredi, donc il faut laisser passer le week-end avant que quelqu’un puisse venir dépanner le van et s’en occuper.

Le camping est situé à plus de 3 km du centre-ville où nous travaillons, on passera donc notre week-end à marcher pour aller travailler, lorsque nos amis ne peuvent pas jouer les taxis pour nous déposer ou nous récupérer.

Le stress a bien eu le temps de monter cette semaine-là, et la perspective de devoir payer 700 dollars n’a pas arrangé les choses.

 

Mitch dépanné à Alice Springs !

 

Après cette série de galères, la roue a tourné : le lundi matin, une dépanneuse est venue chercher le van pour l’emmener au garage. On a pu le récupérer quelques heures plus tard seulement, parce que la pompe à essence fonctionnait bien. C’était simplement le moteur qui s’était encrassé à cause de l’essence de mauvaise qualité qui est vendue dans les roadhouses de l’outback. Coût du nettoyage : 15 dollars !

 

Après cet épisode, on nous a conseillé d’acheter plutôt de l’essence premium, de l’unleaded 95 ou 98 et d’éviter la 91. Ça nous a coûté plus cher, mais on n’a plus jamais eu ce problème.

Avant de partir dans l’outback, nous avions rempli notre bidon de 20 L d’unleaded 91, et il s’en dégageait une odeur entêtante et écœurante. On devait sortir le bidon du van pour dormir parce que l’odeur d’essence était trop forte. En le remplissant d’essence premium, il n’y avait par contre aucune odeur… C’était pour nous bien la preuve que la 91 n’était définitivement pas de bonne qualité.

 

#3 Conduire 300 km avec un système de refroidissement défectueux

L’épisode le plus épique que nous avons eu à vivre avec le van ne s’est produit que quelques semaines plus tard. En arrivant dans un camping à environ 50 km de Katherine, dans le nord de l’Australie le long de la Stuart Highway, on a constaté une fuite du liquide de refroidissement. Nouveau coup d’arrêt, on est bien embêté parce qu’on est alors au milieu de nulle part et on est bien conscient du coût d’une dépanneuse… Et c’était mon anniversaire !

Heureusement, un vieil Australien est arrêté lui aussi sur ce freecamp et décide de nous aider. Il s’y connaît en mécanique, en tout cas c’est ce qu’il dit, et il jette un œil au van. Pour lui, c’est la pompe à eau qui a lâché. Il nous explique qu’on peut faire les 50 km jusqu’à Katherine en veillant bien à remplir le radiateur d’eau pour ne pas risquer la surchauffe. On décide de tenter le coup et on arrive sans encombre jusqu’au garage. Le constat est amer : le mécanicien nous annonce qu’il faut changer tout le système de refroidissement, incluant le radiateur, la pompe à eau, le thermostat, etc. Il va falloir attendre deux semaines qu’il reçoive toutes les pièces et ça va nous coûter 2000 dollars au minimum.

C’est la catastrophe, on ne peut pas attendre deux semaines à Katherine, il n’y a rien dans cette ville. On décide de prendre un second avis et on se rend chez un autre garagiste. Celui-ci nous conseille de conduire les 300 km jusqu’à Darwin, où selon lui on aura plus de choix au niveau des mécaniciens, on attendra moins longtemps l’arrivée des pièces et on paiera moins cher.

C’est parti, nous voilà sur la dernière portion de la Stuart Highway ! mais il y a un mais… Il faut impérativement qu’on s’arrête tous les 10 km pour remplir le radiateur et qu’on laisse passer une heure tous les 50 km pour permettre au moteur de refroidir suffisamment. Je vous laisse imaginer les 300 km… On a mis quatre jours pour arriver à Darwin !

 

Finalement, on a de suite trouvé un mécanicien qui nous a fait un devis à 1400 dollars, et on n’a eu qu’une semaine à attendre, pendant laquelle on a fait un petit volontariat pour être logés gratuitement et qui nous a permis de visiter la ville et de nous reposer. On ne s’en est pas si mal sorti !

La fuite à Katherine a été notre plus grosse frayeur avec le van. Après ça, le road trip sur la côte ouest et au sud s’est bien passé.

 

#4 Mésaventures tasmaniennes

C’est en Tasmanie qu’on a rencontré nos dernières galères :

  • Sur le mont Wellington, qui offre un panorama magnifique sur la vallée de Hobart, on a garé le van face à un vent glacial et extrêmement puissant. Après une vingtaine de minutes, le froid a complètement vidé la batterie et le van ne démarrait plus. En voulant se servir de la pente pour redémarrer, on a juste réussi à coincer le van quasiment à contresens, à deux mètres du vide… Le numéro d’urgence du Mont n’était en fait pas un vrai numéro d’urgence puisqu’on est tombé sur la mairie, qui ne pouvait rien faire pour nous aider. Après un moment, on a finalement réussi à trouver une personne qui a bien voulu utiliser les pinces pour un jump start. Mais le vent était tellement fort que toute l’opération a été extrêmement compliquée, le capot relevé de la voiture menaçait d’être arraché. Le van a pu redémarrer mais n’est pas reparti du mont Wellington complètement indemne : la porte conducteur a été pliée par le vent et sortie un peu de son axe. Elle ne fermait plus hermétiquement et on a dû taper sur les gonds avec un marteau pour essayer de la redresser du mieux qu’on a pu. C’était la première fois qu’on faisait face à un vent d’une telle puissance, on s’en souviendra…
  • Sur une piste de cailloux au milieu de la forêt tasmanienne, (j’avais bien expliqué au début que ce n’était pas des routes pour nous…), on a voulu faire demi-tour en pleine pente et on a coincé le van dans le fossé du bas-côté. Le pare buffle et le pot d’échappement se sont complètement coincés dans le talus. Après une heure passée à creuser et à enlever des pierres pour tenter de dégager les roues arrière, la nuit commençait à tomber et il n’y avait personne. Heureusement pour nous, on avait du réseau et on a pu appeler un restaurant situé à 8 km pour leur demander de l’aide. Le gérant est venu vers 22h pour nous tirer de là avec son 4×4. Ça lui a pris à peine cinq minutes, juste le temps d’accrocher les chaînes au pare buffle. En pleine nuit, il a donc fallu conduire jusqu’au freecamp le plus proche. C’était sans compter sur les petits pademelons nocturnes qui étaient présents tout le long de la route. On a été obligé de conduire à 20 km/h pour ne pas en écraser un, et on a eu quelques frayeurs ! Ces petits marsupiaux sont imprévisibles et peuvent décider de se jeter littéralement sous les roues du van au dernier moment. Les quelques kilomètres que nous avions à parcourir jusqu’au camping ont été terriblement éprouvants, nos yeux essayant de percer l’obscurité pour dénicher les animaux et tenter d’anticiper leurs mouvements.
  • Et on peut aussi être malade alors qu’on vit dans le van. Ce n’est pas une expérience des plus agréables, mais c’est ce qui m’est arrivé le dernier jour en Tasmanie. Une grosse indigestion m’a maintenue éveillée et m’a obligée à faire des allers-retours plusieurs fois en pleine nuit pour ne surtout pas vomir à l’intérieur du van… Une nausée ne m’a d’ailleurs laissée le temps que d’ouvrir la porte latérale avant de vomir littéralement « par-dessus bord ». C’est là qu’on se rend compte qu’habiter dans le van peut parfois manquer cruellement de praticité.

 

#5 Parce qu’on ne pouvait pas le vendre sans vivre une dernière galère…

Le tout dernier problème, on l’a eu la veille de vendre le van… La veille du rendez-vous, nous avons voulu faire un dernier tour avec et partir à la plage pour la journée. Après 3 km, le van s’est tout simplement arrêté, en plein milieu de la route. C’était juste devant un parking donc on l’a simplement poussé pour le garer. C’était un samedi, donc personne ne pouvait intervenir avant le lundi. On a dû décaler le rendez-vous avec les acheteurs pour la semaine d’après. Quelques jours plus tard, un mécanicien est intervenu directement sur le parking pour changer la pompe à essence qui avait finalement décidé de nous lâcher après quelques mois…

 

On a toujours eu de la chance dans nos malheurs, et après quelques mois on peut maintenant en rire !

 

 

Nos meilleurs souvenirs en van

 

En un an, on accumulé énormément de souvenirs dans ce van. Le revendre à la fin de notre périple a été un vrai crève-cœur. C’était notre maison pendant de nombreux mois, et on s’y est attaché. Pendant une année, le van a été notre point de repère. A chaque fois qu’on partait en randonnée ou en visite, c’était vers lui qu’on devait retourner. Il est où le van ? On se pose dans le van ? On se rejoint dans le van ? C’étaient les questions qui revenaient le plus souvent et qui ont ponctué notre année.

Le voir partir avec un autre couple à la fin a été un moment d’une grande tristesse.

 

Dernière photo avec Mitch

 

Maintenant, nous restent les meilleurs souvenirs de cette année en van en Australie.

 

#1 Avec les animaux

L’Australie est une île peuplée d’animaux qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Et des péripéties avec des marsupiaux ou autres mammifères trop mignons, on en a eu beaucoup.

 

Un petit kangourou curieux

 

Pendant nos cinq jours à la découverte du parc national du Cape Range, sur la côte ouest, nous avons campé tous les soirs sur les plages du parc. Le premier soir, en revenant d’une session snorkeling, Thibaut a voulu se laver les mains avec un bidon d’eau avant de faire à manger. L’eau commence à couler par terre et là, sortis de nulle part, deux kangourous s’approchent tout doucement derrière lui. Une maman et son bébé. Attirés par l’eau, ils avaient visiblement très soif. La maman est restée assez méfiante et n’a pas voulu s’approcher trop prêt de nous, mais le bébé n’était pas farouche et n’a pas hésité à venir se coller à Thibaut. Ils étaient tellement mignons qu’on leur a rempli un petit bol d’eau. Dans les campings du Cape Range, il n’y a ni eau potable, ni douche. On a donné plusieurs petits bols d’eau à ces kangourous, ça valait bien qu’on partage un peu nos réserves.

 

Trop mignons…

 

Dans le Centre rouge, il y a des dingos. On s’en souviendra. Après avoir garé le van dans un camping tout en haut de Kings Canyon, nous nous sommes installés pour la nuit. Peu de temps après notre arrivée, nous avons vite aperçu un couple de dingos rôder dans le camping, visiblement en quête de nourriture. Ils nous ont regardé un moment mais ne se sont pas approchés. Ils sont restés en retrait, à une distance respectueuse. On a compris qu’ils avaient peur des humains, donc on ne s’est pas méfié. On a continué notre installation sans trop nous préoccuper d’eux puis nous sommes allés nous asseoir près du canyon pour admirer le coucher de soleil. Aussitôt le dos tourné, il n’a pas fallu plus de trente secondes au mâle pour se faufiler dans le van et en ressortir avec le sachet plastique contenant notre réserve de gâteaux… Les deux dingos ont filé dans le bush, leur précieux butin dans la gueule. On les a suivi pour voir et on n’a pas tardé à tomber sur une petite clairière remplie de sacs plastiques éventrés. On n’était pas les premiers à se faire avoir !

 

Le dingo et le van !

 

En Tasmanie, en plein cœur du Southwest, nous nous sommes installés là encore pour la nuit. Et cette fois ce ne sont pas des dingos qui se sont approchés, mais des chats natifs ! Appelés quolls en anglais, ils ressemblent à de petits furets marrons, noirs et blancs. Ces petits coquins se sont amusés tout autour de nous, jusqu’à monter sur notre table de camping pour venir lécher nos assiettes. L’un d’entre eux a réussi à grimper dans la glacière que nous avions laissée ouverte un peu plus loin, on a donc été obligés de tout rentrer avant de nous coucher.

 

Sur la côte est, à Airlie Beach précisément, nous avons eu de drôles de réveils pendant nos quelques jours sur place. Tous les matins, des dizaines de perroquets venaient se poser sur le toit du van, faisant un boucan d’enfer ! Pendant notre petit-déjeuner, ils étaient tout autour de nous, posés sur nos chaises et sur le van.

 

Sur certains freecamps situés près de plages ou de cours d’eau, on a souvent vu le panneau « Attention aux crocodiles », qu’on a toujours trouvé très exotique et qui nous a sans cesse rappelé qu’on était bien en Australie. Dans ce genre de camping, on a toujours fait bien attention à ne pas mettre le van trop près de l’eau et à ne pas trop nous éloigner pour aller aux toilettes.

 

#2 Feux de camp et barbecue

Le dîner préféré des Australiens, c’est probablement le barbecue ! Viande, légumes, poisson, tout y passe. Et bien évidemment, on s’est mis à cette mode nous aussi.

Dans le van, nous avions une grille que nous pouvions placer directement sur un feu de camp pour faire griller des aliments. On s’en est pas mal servi. Dans certains parcs, faire du feu était interdit, mais dans le désert nous avons pu en faire souvent, à condition de trouver du bois.

 

Les McDonnells Ouest, près d’Alice Springs, ont été notre première destination avec Marina et Matt, qui sont restés nos compagnons de route pendant plusieurs semaines. Le premier soir, on s’est installés dans le lit d’une rivière asséchée. Les garçons sont partis dans les alentours chercher du bois. A deux, ils ont transporté une énorme bûche et on a pu faire un gros feu de camp qui a illuminé la nuit pendant un bon moment. Les soirées qui ont suivi dans ces montagnes ont été aussi conviviales, dans un cadre magnifique de monts désertiques.

 

Coucher de soleil et feu de camp dans les McDonnells !

 

A Katherine, nous avons fêté mon anniversaire dans le bush, autour d’un feu. Marina avait fait cuire des pâtes aux crevettes et je crois que c’est la fois où on a le mieux mangé en camping.

 

Pour fêter Noël, le barbecue est le plus simple et le plus convivial également. Avec Matthias, un autre compagnon de route, nous nous sommes rendus sur une plage de Perth équipée de barbecues électriques et on a mangé des burgers maison le 24 décembre. C’était bon, il faisait chaud, il y avait de la musique et beaucoup d’Australiens qui avaient décidé de faire comme nous (ou plutôt, c’est nous qui nous sommes mis à la mode australienne et qui avons fait comme eux).

 

#3 Contemplation

La vie en van, c’est aussi pouvoir se poser au beau milieu de nulle part et profiter de ciels étoilés absolument magnifiques. Dans le désert, il n’y a aucune pollution lumineuse, on peut observer une splendide voie lactée qui descend jusqu’à l’horizon. On a passé pas mal de soirées, assis dans nos chaises de camping, à regarder les étoiles.

 

Une nuit, vers 2h du matin, on est sorti du van suite à une envie pressante. Au beau milieu du désert, on a vu un halo lumineux qui se diffusait derrière une petite montagne près de laquelle nous étions garés. On l’a observé un moment, pensant aux phares d’une voiture. Quelques minutes plus tard, on a vu tout simplement la lune émerger. C’était un lever de lune, et c’était magnifique. On est restés là, debout au milieu du désert, à la regarder.

 

Cette année a aussi été riche en termes de levers et couchers de soleil. On a pu garer le van près de lacs, de rivières, de la mer, au milieu de champs ou de collines et voir des lumières fabuleuses.

 

Coucher de soleil près du Wiporie General Store, l’une de nos premières soirées dans l’Outback

 

Sur la côte sud

 

Dans le désert

 

On a eu l’occasion de camper et dormir dans des lieux splendides et préservés. Ces endroits presque magiques nous ont permis d’apprécier des paysages magnifiques et de jouer aux aventuriers en allant marcher seuls dans les alentours.

 

Camping en Tasmanie sur les rives du lac Bradys

 

La vue qu’on a eue un matin, au réveil…

 

#4 Antenne radio et feux de brousse

C’est probablement la nuit dans le désert australien qui restera la plus emblématique pour nous. Il n’y a quasiment jamais de réseau dans l’outback, mais de temps en temps on peut trouver d’énormes antennes radio. Un soir, on a quitté la route principale pour rejoindre l’une de ces antennes. On a décidé d’y passer la nuit. Comme de coutume, nous étions seuls, au milieu de rien. Après un moment passé à cuisiner, la nuit est tombée et l’horizon s’est embrasé. Les couleurs du coucher de soleil se sont estompées mais on voyait toujours au loin cet orangé caractéristique. Sur la route, on avait vu beaucoup de parcelles complètement brûlées donc on a vite compris qu’il s’agissait de feux de brousse, qui se propageaient dans la végétation aride de l’outback. On est resté un moment à observer ces couleurs chatoyantes, sans trop savoir s’il était dangereux de rester où l’on était ou non. Un moment un peu hors du temps, où l’on a pris conscience de la beauté mortelle des feux de brousse.

 

Pour en savoir plus sur l’outback et ce qu’on y a vu, je vous renvoie à cet article.

 

#5 Dormir dans le van

Chaque soir où nous nous sommes couchés dans notre van a été un réel plaisir. Où que nous soyons garés, sur un parking, dans un champ, seuls dans le désert ou sur une plaine au milieu de cinquante autres vans, on oubliait le monde extérieur pour ne plus voir que notre lit. Les rideaux bien épais nous protégeaient de la lumière extérieure s’il y en avait et faisait paraître l’intérieur du van comme celui d’un cocon. Nous avions installé des guirlandes lumineuses à piles que nous allumions à la nuit tombée et qui rendait ce cocon très cosy.

 

 

Le matin, c’était une sensation incroyable que celle qui nous prenait lorsque l’on ouvrait la porte latérale du van et que l’on redécouvrait l’endroit où nous nous étions arrêtés la veille, face à la mer, en haut d’une falaise, dans un champ au milieu des kangourous, ou encore près d’un lac sur lequel s’élève la brume matinale. Parfois lorsque nous arrivions sur le lieu de notre camping, il faisait déjà nuit le temps de nous installer. Ce n’est donc que le matin que nous découvrions les alentours toujours plus beaux les uns que les autres.

 

#6 Conduire le van

L’important n’est pas la destination, c’est le voyage pour y parvenir. Rouler n’a jamais été synonyme d’ennui en Australie. Au contraire, on a vite pris goût à la conduite au milieu d’étendues désertiques. Si le paysage pouvait parfois sembler monotone, la sensation est terriblement grisante : on sait qu’on peut rouler sur des milliers de kilomètres, quasiment en ligne droite, sans que rien ne vienne nous arrêter.

 

Conduire sur la plus longue route en ligne droite d’Australie

 

On a beaucoup cherché à débusquer les animaux, très nombreux dans le désert : kangourous, émeus, chevaux et chameaux sauvages, dingos… Même après quelques mois passés en Australie, c’était toujours un ravissement de voir des kangourous sauter au loin. On ne s’y est jamais vraiment habitués et on est restés émerveillés face à eux tout au long du voyage.

 

 

 

BILAN

Au-delà des péripéties vécues directement avec le van, tout ce que nous avons vu pendant un an n’a été possible que parce que nous étions motorisés. Nous sommes allés dans des centaines d’endroits où aucun bus ne passe, où aucun voyage touristique organisé ne se rend et où peu de voyageurs, qui ont moins de temps que nous à passer sur les routes, vont.

Nous avons voulu faire le tour complet de l’Australie et passer un mois en Tasmanie, nous avons donc dû planifier un minimum les mois à venir. Si nous avions passé un mois de plus sur la côte est par exemple, nous n’aurions sans doute pas pu aller en Tasmanie. Cependant en 7 mois et demi de pur voyage et un peu plus de 36 000 kilomètres parcourus, nous n’avons jamais eu l’impression de devoir nous dépêcher. Nous sommes restés libres pendant tout ce temps. Du moment que nous roulions à gauche, nous pouvions faire ce que nous voulions.

L’idée de savoir que parce qu’on a un lit, du gaz, de la nourriture et de l’eau, nous pouvons nous arrêter sans aucun problème cinq jours sous un arbre en bordure d’une rivière asséchée de l’Outback est particulièrement enivrante.

Plus de photos de notre tour de l’Australie ici !

Nous avons dormi dans plus d’une centaine de lieux différents. Il est impossible de tous les compter. Ce qui est certain c’est que nous ne cessons de nous souvenir par moment de tel ou tel free camp. 

« Tu te rappelles du soir où on dormi près de la rivière ? Mais si, on est arrivés tard, il y avait des vaches, on s’est mis à gauche près des bambous…
Ah oui! Il était super celui là. Et puis c’est ce matin là où on avait un kangourou juste devant la porte ».

Des souvenirs comme celui-ci, il y en a des milliers, et qui nous reviendront les uns après les autres, petit à petit, et pendant longtemps.

 

A ceux qui hésitent encore à vivre un temps en van, par peur des difficultés ou par manque de temps : lâchez-tout, faites-le !
A ceux qui disent que c’est surfait, commun et à la mode de faire le tour de l’Australie en van : donnez vous l’occasion de changer d’avis, faites-le !

A ceux qui disent qu’aller en Australie n’est pas synonyme de dépaysement : venez découvrir le cœur de l’Australie, venez vous y perdre en van, venez changer vos idées reçues, faites-le !

 

« The road is home ». Thibaut a fabriqué ce slogan lors de notre volontariat dans la ferme de l’Outback et l’a collé sur la vitre arrière du van. L’expérience vécue lors de cette année en van autour de l’Australie y est lisible. La route et le van deviennent notre maison.

 

 

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01 Comment

  1. Lluisa

    Trop trop bien cet article! Ça donne envie de acheter un van n’importe ou j’y vais aller. Il faut que je retourne en Australie :p

    4 juillet 2018 Répondre

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