Viêt Nam, un brin d’histoire : Partie 2
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Viêt Nam, un brin d’histoire : Partie 2

La France arrive au Vietnam en 1858. Un corps expéditionnaire militaire est envoyé dans le delta du Mékong afin d’aider des catholiques persécutés par l’empereur d’Annam.

Après quelques années de conflit, c’est en 1862 qu’est signé le traité de Saïgon transférant à la France trois provinces du sud de l’Annam. La colonie de Cochinchine est officiellement créée en 1874.

Intéressée par les richesses minières du nord, la France crée la Société des Mines d’Indochine en 1881. La Chine montre son désaccord et prend les armes contre les velléités coloniales françaises.

Un corps expéditionnaire français est envoyé au Tonkin pour écraser la révolte vietnamienne soutenue par la Chine.

En 1883 et 1884, deux traités successifs signés à Hué entérinent la domination française sur cette partie du monde. Les protectorats du Tonkin et de l’Annam sont créés et intègrent l’Indochine française.

 

Quelle colonie ?

 

L’Indochine française n’est pas une colonie de peuplement. Au plus fort de l’occupation française, dans les années 1930, il n’y aura jamais plus de 50 000 colons sur ce territoire.

Il ne s’agit que de personnel administratif, de fonctionnaires, de cadres et de militaires. Ceux-ci contrôlent l’administration coloniale et veillent à la bonne marche de l’industrie. En effet, le Vietnam est une colonie économique qui permet à la France une ouverture vers le marché chinois. Les bâtiments coloniaux construits au Vietnam sont principalement administratifs et utilitaires : palais du gouverneur, postes, gares et marchés.

 

L’ancien palais du gouverneur de l’Indochine construit entre 1900 et 1909 à Hanoï. Aujourd’hui, le palais présidentiel

 

La poste centrale de Saigon construite entre 1886 et 1891

 

Depuis les montagnes du nord du Vietnam et les ports du sud, les français exportent du thé, du riz, du coton, du café, etc. Ils ont aussi l’entière jouissance des mines de charbon et d’opium. Pour acheminer toutes ces denrées, la France dote le Vietnam d’un réseau ferré qui va des mines aux ports.

 

Le pont Trang Tien, ancien pont Clemenceau, à Hué. C’est un pont de chemin de fer construit en 1898 par Gustave Eiffel.

 

Le Vietnam est pour la France une manne économique de produits nouveaux qu’elle va tenter de conserver le plus longtemps possible, au prix du sang.

 

Les révoltes

 

Si l’Indochine n’est pas vouée au peuplement, la monarchie vietnamienne est tout de même abolie et l’administration française, ses instances et ses lois, sont installées à plein dans la colonie.

Ne rentrons pas dans les différences de législation entre la colonie de Cochinchine et les protectorats du Tonkin et de l’Annam, dans un cas comme dans l’autre, c’est la France qui s’impose.

Fait méconnu, les Vietnamiens ne se sont pas laissés faire. Au lendemain des traités de Hué, des révoltes nationalistes éclatent partout au Vietnam, dans les villes et les campagnes.

Ces révoltes sont dues aux lettrés, « les cols blancs », instituteurs, avocats et mandarins, qui vont rallier « les bleus de chauffe », les paysans, dans une véritable guerre patriotique qui va durer de 1885 à 1896.

Des villages entiers, notables et paysans, se mettent en marche dans la guerre, mettant l’armée française en grande difficulté. Plusieurs compagnies françaises sont d’ailleurs massacrées par cette rébellion.

 

S’imposer par la force

 

Les forces françaises vont réprimer la rébellion dans le sang et la violence.

30 000 soldats supplémentaires sont envoyés au Tonkin pour faire la chasse aux mandarins et les exécuter. Une violence policière et une répression judiciaire se mettent en place. De très lourdes peines sont infligées à la moindre accusation de traîtrise : peine de mort, envoi au bagne, bannissement des villages.

Les lettrés meneurs et les étudiants sont chassés des écoles et de l’administration et sont exclus de la fonction publique et des concours. On empêche toute tentative de rébellion par l’instruction.

Ainsi, la rébellion nationaliste est écrasée en 1896, année de l’ouverture de la prison de Hoa Lo.

 

La prison

 

La prison d’Hoa Lo se trouve au cœur d’Hanoï, autrefois capitale administrative de l’Indochine française. C’est la prison la plus emblématique du réseau de prison construit par les Français sur le territoire colonial. Sur un espace de 13 000 m2, elle était destinée à enfermer les opposants au régime colonial.

 

La prison de Hoa Lo vers 1930. Seule la partie supérieure subsiste aujourd’hui

 

S’y trouvait aussi un tribunal et le Service de la Sûreté. Cet appareil répressif violent avait été mis en place pour placer les mouvements nationalistes sous domination.

Aujourd’hui, ne subsiste que la partie sud de la prison, le reste ayant été démoli. Nous pouvons encore voir certaines des salles les plus horribles.

La salle E était par exemple réservée à la Division Politique. Les révolutionnaires nationalistes masculins y étaient enfermés par dizaine. La salle pouvant accueillir 40 prisonniers en a en fait enfermé plus de 100. Ils étaient attachés par les pieds via une longue barre fixée à des socles de bois. Une restitution permet de comprendre les horribles conditions d’enfermement de ces prisonniers.

 

La salle E et la restitution des conditions d’enfermement

 

La salle E en 1908

 

Les températures étaient suffocantes en été et glaciales en hiver. Les détenus étaient dénués de vêtements chauds et les rations alimentaires étaient très pauvres. La France souhaitait par ces conditions annihiler la foi révolutionnaire de ces hommes.

Ceci n’a pas empêché le combat politique, qui a persisté à l’intérieur de la prison. Les détenus continuaient une intense activité révolutionnaire clandestine. Ils y complétaient leur formation et diffusaient les résolutions du Viêt Minh.

Si un homme était pris à fomenter un complot révolutionnaire, il était torturé et envoyé aux cachots, « l’enfer de l’enfer », véritables lieux de souffrance. On empêchait les détenus de dormir, on les frappait, on les maintenaient aux fers. Tout pour les briser. Certains étaient d’ailleurs arbitrairement condamnés à mort. La guillotine trône encore au musée de la prison.

 

Le couloir de la mort

 

Entre 1946 et 1954, des soldats Vietnamiens y furent également enfermés. Après la défaite de Diên Biên Phu, la prison va perdurer, aux mains de l’armée vietnamienne. Ce sont les pilotes américains capturés pendant la guerre du Vietnam qui vont y être maintenus en captivité entre 1964 et 1973, le plus célèbre étant John McCain.

 

La fin du Vietnam colonial

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, Hô Chi Minh – qui avait déjà créé « la ligue pour l’indépendance du Vietnam » (Viêt Minh) en 1941 – déclare l’indépendance du Vietnam le 2 septembre 1945. L’assemblée constituante est proclamée en janvier 1946 entraînant dans son sillage l’envoi d’un corps militaire français chargé de reprendre en main le territoire.

La guerre d’Indochine commence et va durer huit ans.

Une guérilla meurtrière oppose les forces du Viêt Minh et les forces françaises entre 1946 et 1949. Celle-ci se transforme en une guerre militarisée et organisée qui durera de 1949 à 1954.

La guerre d’Indochine fait 1 500 000 de morts et c’est la défaite de Diên Biên Phu, en mai 1954, qui sonne le glas de l’Indochine française et inaugure la guerre du Vietnam.

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